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Village d’Andé (Agou) : Pourquoi le chef Anassé refuse de démissionner

Le Chef Nanan Anassé Achi Pierre du village d'Andé dans la sous-préfecture d'Agou ne veut pas démissionner sans sans conditions.
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Les sempiternelles querelles de positionnement de chefs dans les régions du Sud de la Côte d’Ivoire ont leurs réalités mais qui diffèrent d’un village voire d’une région à une autre. C’est le cas du village d’Andé dont le chef a été choisi par la génération Gnandoh II qui est son mandant mais n’en veut plus.

Cette génération l’a désigné comme Chef de village d’Andé pour une durée de 15 ans. Malheureusement, après seulement 9 ans de règne, il y a de l’eau dans le gaz. Les mandants du Chef Anassé Achi Pierre (de la Génération II) qui sont pourtant allés le chercher à Bonoua où il vivait, n’en veulent plus, au motif qu’il aurait violé plusieurs interdits passibles de suspension ou de destitution. Aussi, pour l’obliger à démissionner, ses mandants y ont-ils impliqué le Sous-Préfet d’Agou en la personne de M. Marc Koffi Nien. Qui, par courrier Numéro 23/R-Mé/SP-AG en date du 07 juin 2021 a informé le Chef du village d’Andé que le vendredi 04 juin 2021, il a accusé réception d’un document dans lequel il lui demandait de faire des observations écrites à lui faire parvenir sous 72h, au plus tard le jeudi 10 juin 2021.

A quelles accusations devait répondre Chef Anassé Achi Pierre ? Les reproches faits au Chef du village d’Andé sont relatifs à sa gestion financière et aux comportements peu honorables de celui-ci. Tels l’accaparement du terrain bâti d’Andé sis à Adzopé qu’il a fait enregistrer en son nom personnel au service des impôts d’Adzopé ; l’utilisation à des fins personnelles des ressources générées par la gestion des 450 chaises offertes par le premier ministre actuel, alors ministre des Infrastructures économiques et fils du village ; l’utilisation à des fins personnelles des loyers de location (150.000FCFA par mois) des locaux du centre culturel du village durant plus d’une année ; la vente d’une  réserve foncière du village destinée à des projets à caractère administratif, à un opérateur économique, sans la concertation ni l’adhésion de la communauté villageoise etc…

Dans ce courrier endossé par le doyen d’âge de la Génération Gnandoh II, M. Gbocho Chonou Emmanuel, les griefs à l’encontre du chef du village sont vraiment nombreux. Pour la génération Gnandoh 2, ‘‘depuis l’année 2019, une crise de confiance a éclaté et persiste jusqu’à ce jour, entre le chef et les différentes composantes du village d’Andé (chefs de famille, la notabilité, les responsables de la génération Gnandoh 2 au pouvoir, les structures de femmes et de la jeunesse). Les reproches faits au chef du village sont relatifs à sa disgrâce qui prend sa source dans sa gestion financière et aux comportements peu honorables de celui-ci.’’ Ce comportement peu honorable prendrait sa source dans une querelle de leadership des notables dont le principal acteur est M. Yapi Akissi Aimé. L’on en veut pour preuve, sa suspension par son chef de famille pour une période d’un mois. Le point de désaccord entre le chef Anassé Achi Pierre et son notable Yapi Akissi Aimé est parti du recadrage et des remontrances que le chef lui a fait en lui rappelant qu’il devrait être plus probe dans le règlement des litiges, et la gestion des finances.  Conséquence : la campagne systématique de dénigrement avec des propos diffamatoires

Que lui reproche concrètement la Génération Gnandoh 2 au pouvoir dont il est aussi membre ?

Il lui est tout simplement demandé sa démission parce que, pour ses mandants, le Chef Anassé Achi Pierre a confondu les biens du village avec les siens propres.

Il aurait fait enregistrer aux services des impôts, en son nom propre, un terrain bâti. Accusation démentie par le Chef. En effet, à propos de ce terrain bâti qu’il aurait fait enregistrer en son nom propre, voici sa réponse : ‘‘ (…) Pour ce que la Génération Gnandoh II qualifie d’accaparement du terrain bâti d’Andé sis à Adzopé, il convient de signaler que c’est sous ma gestion que la population d’Andé a su qu’il existe un terrain bâti faisant partie du patrimoine du village. Il s’agit en fait, d’une maison en banco qui date de 1960.’’ Comment Chef Anassé a-t-il eu connaissance de ce terrain. Tout simplement par l’intermédiaire du secrétaire général adjoint de la chefferie, Brou Yapi Parfait. En effet, ignorant tout de ce « dossier », il instruira et donnera toute latitude à ce dernier, de mener toutes les démarches à cet effet. Et à l’issue des démarches du secrétaire général adjoint de la chefferie, Brou Yapi Parfait, chef Anassé Achi Pierre a publiquement informé la population du manque de documents justificatifs de cette maison. L’on ne pouvait nullement prouver que le terrain en question est bel et bien un patrimoine du village d’Andé. Au niveau des Impôts d’Adzopé, non seulement cette maison portait le nom d’une personne introuvable, mais elle est aussi frappée d’impôts à hauteur de 900.000 FCFA.

Informée par les soins du chef, la population lui a demandé de continuer les démarches.  Aussi, ne trouvant pas d’interlocuteurs, les services des Impôts ont-ils proposé au chef Anassé Achi Pierre de mettre son nom sur les avis afin de recevoir les factures des impôts. En attendant de se rapprocher de la Direction régionale de la Construction et de l’urbanisme afin de faire la mutation au nom de la communauté villageoise d’Andé, sous-couvert du Chef de village.

Lors de cette information publique, l’honorable Gbocho Emmanuel, après avoir remercié le Chef Anassé Achi Pierre, a conseillé de manière judicieuse, que ce dernier fasse une décharge pour ne pas que ses enfants et ayant droit ne réclament cette maison un jour. C’est donc ainsi que le nom du Chef a été enregistré au service des Impôts.

La gestion de cette fameuse maison incombait à M. Brou Parfait. Qui seul, peut faire le point des loyers.

Juste pour sous-entendre qu’il aurait pu garder l’information pour lui en tant que chef du village d’Andé et jouir de ce terrain en toute quiétude.

Mais il ne l’a pas fait. Car aux dires du chef Anassé Achi Pierre, la gestion de cette fameuse maison incombait à M. Brou Parfait. Qui seul, peut faire le point des loyers.

Fac similé 1 (En annexe une copie du dernier point financier présenté par M. Brou Parfait) fait au domicile du chef de terre, les chefs de famille et le notable Alletchi Yapi Justin.

Dans le même ordre d’idées, lorsqu’Impact Développement (IDEV), une ONG a approché le chef Anassé Achi Pierre, il les a présentés à la population d’Andé. IDEV a proposé à la communauté villageoise d’Andé, une convention pour la construction d’un foyer mensuel de 150.000 pour une durée d’un an. Le Chef d’Andé donnera pleins pouvoirs au comité de gestion pour encaisser les fonds afin de les reverser dans les caisses du Comité de gestion du village. Concernant les ressources générées par la gestion des 450 chaises, il s’agit plutôt de 500 chaises dont la location par le village était à 50FCFA l’unité au lieu de 100 FCFA afin d’en permettre l’accès à un plus grand nombre. Les fonds ainsi générés sont gérés par le Trésorier général adjoint élu par la population et permettaient de faire face aux charges d’électricité, d’eau et d’autres dépenses. Ainsi, le chef Anassé Achi Pierre affirme n’avoir jamais utilisé tous ces fonds à des fins personnelles puisque pour les besoins de fonctionnement de la chefferie, il motivait sa demande avant d’être servi. Il en est de même du loyer mensuel qu’il affirme n’avoir jamais encaissé.  D’autant plus que dans l’organigramme de la chefferie, la gestion du centre culturel du village a été confiée au Dr AYE Marcelin, directeur général du Conseil Régional, dans le but d’initier des projets d’aménagements et d’animation du centre avec l’aide du conseil régional.

Devant sa difficulté à faire le point, le chef le convoque devant la population avant de sortir la somme de 200.000 FCFA au lieu des 450.000 FCFA pour les trois mois de loyers.

C’est ainsi que lorsque l’Ong a approché le Chef de village, il a saisi aussitôt le Dr AYE Marcelin et les responsables de l’Ong Impact Développement ont présentés publiquement à la population. Les responsables de l’Ong ont proposé à la communauté villageoise d’Andé, qui l’a accepté, pour un loyer mensuel de 150.000FCFA sur douze mois. Avec les pleins pouvoirs au Dr Ayé Marcelin pour encaisser les fonds pour les reverser dans la caisse du comité de gestion du village. La confiance n’excluant pas le contrôle, trois mois après, le Chef Anasssé Achi Pierre interpelle Dr Ayé pour lui faire le point de la situation de sa gestion. Devant sa difficulté à faire le point, le Chef le convoque devant la population. Dr Ayé Marcelin sort plutôt la somme de 200.000FCFA au lieu des 450.000FCFA pour les trois mois de loyers.

Lire aussi: https://news.abidjan.net/articles/316126/bingerville-palabre-autour-de-la-chefferie-danan-le-prefet-sam-etiasse-sexplique

Concernant la vente d’une réserve foncière du village, les recensements des terrains non mis en valeur, non entretenus et les réserves administratives ont été confiés à un comité piloté par M. Adzeu Allé Daniel. Ce, dans le but de reboiser les réserves administratives avec le concours des Eaux et Forêts. Informé de ce qu’un opérateur économique était à la recherche d’un site pour la construction d’un collège avec internat, le Chef Anassé Achi Pierre le reçoit, discute avec lui du projet et le confie au comité de gestion pour lui trouver un terrain. Le comité de gestion rendra compte au chef à qui il proposera la réserve administrative. Ce que le Chef Anassé acceptera en donnant son accord et demandera à l’opérateur de payer 500.000FCFA.  L’information sera remontée aux différents chefs de famille qui ont demandé au Chef de village de sécuriser cet argent. Il confiera la somme en question à son homme de main et se rendra à Abidjan.  Finalement, l’opérateur économique a abandonné le projet mais également le montant payé. La réserve est restée donc intacte sans signe de mise en valeur ni d’occupation et en définitive pas vendue. Ceci se serait passé dans le bureau du Sous-Préfet d’Agou, M. Marc Koffi Nien.

La Côte d’Ivoire faisant face au Coronavirus, le gouvernement avait adopté des mesures afin de limiter la propagation du virus. Pour cela, le Professeur Dagnan Simplice joint le chef Anassé au téléphone et explique tout à la fois la nécessité et l’urgence d’acheter une moto pour le surveillant du château d’eau pour les interventions en cas de coupures d’eau dans le village. Vu l’urgence de l’heure et les conséquences de la maladie, le chef fera remettre 300.000FCFA par personne interposée à Pr Dagnan Simplice. La moto a donc été achetée et remise à l’intéressé.

La Génération Gnandoh 2 avait des raisons d’accuser le chef Anassé Achi Pierre de toutes ses accusations en élaborant un document qui l’incrimine. Seulement, le chef semble ne pas se reconnaître dans le portrait qui est fait de lui par ses camarades de génération.

Il y a répondu point par point. Il appartient maintenant au Sous-Préfet de trancher en demandant sa démission. Une démission que le Chef Anassé Achi Pierre refuse d’accepter sans avoir été lavé de toutes ces accusations qu’il réfute une à une. Selon le chef Anassé Achi Pierre, demeurer chef d’Andé n’est pas sa priorité. Car il est prêt à démissionner mais à la seule condition que deux de ses détracteurs, qui se reconnaitront, soient présents et se présentent devant lui pour porter leurs accusations en public.

Lire aussi: https://justeinfos.net/grand-bassam-la-communaute-villageoise-de-modeste-envahit-la-prefecture/

En attendant, Andé, le village du premier ministre Achi Patrick attend de pouvoir mettre fin à cette situation dans laquelle le Chef de terre joue en même temps le rôle de Chef de village.

Yofwa Djidji

 

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