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Election présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire: les Ivoiriens se prononcent sur la candidature de Laurent Gbagbo

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En 2025, les Ivoiriens seront aux urnes pour élire leur nouveau président de la République. Avant cette élection présidentielle ivoirienne, l’une des candidatures, celle de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, candidat du PPACI, sont nouveau parti, fait parler d’elle. Car le nom du président Gbagbo ne figure pas pour le moment sur la liste électorale. Ce que des Ivoiriens pensent de cette situation, leurs conseils…

 

Lath Gabriel (président de COGES de l’EPP Koumassi collectif) :

« Les Ivoiriens sont fatigués de vivre dans l’angoisse à l’orée de chaque élection surtout présidentielle »

Nous voulons la paix dans ce pays. Si chacun de nous met un peu d’eau dans son vin, je pense qu’on peut résoudre beaucoup de problèmes. L’histoire est têtue, l’histoire est têtue parce qu’elle se répète souvent. Lorsque le président actuel, Son Excellence Alassane Ouattara voulait être candidat à l’élection présidentielle en son temps, le président Gbagbo en ce moment chef de l’Etat de Côte d’Ivoire a eu à prendre des décrets pour qu’il soit candidat. Tout est politique.

Il suffit tout simplement que le président Ouattara prenne un décret, le problème est réglé. C’est très simple. Ce sont des problèmes politiques. Les Ivoiriens sont fatigués de vivre dans l’angoisse à l’orée de chaque élection surtout présidentielle. On lui demande pardon, qu’il fasse ce geste pour que le président Gbagbo soit candidat. Être candidat ne veut dire qu’il va gagner les élections. Permettez que M. Gbagbo soit candidat et on va aux élections. On joue franc jeu et que le meilleur gagne. C’est tout, afin d’économiser les dérives inutiles. On veut la paix. Qu’il fasse la même chose comme Gbagbo a fait pour lui. On l’attend. Qu’il lui renvoie l’ascenseur, c’est tout.

 

Kouadio N’Guessan Louis (Directeur EPP collectif 4) :

« Nous voulons un nouvel esprit pour diriger notre pays »

Mon point de vue est catégorique. Pour ma part, tous ces vieux, on ne les veut plus à la tête de notre pays. Ressemblons un peu aux gens, comme le Sénégal l’a fait. C’est vrai, il a fallu que la population se soulève malheureusement. Il y a eu des morts, des dégâts matériels s’en sont suivis. C’est déplorable. Au finish Macky Sall s’est retiré et il a choisi quelqu’un et le peuple a fait son choix. C’est vieux là nous emmerde. C’est bon pour eux comme ça.

Qu’ils forment leurs successeurs capables de les succéder. Bédié a choisi quelqu’un. Ouattara n’a qu’à choisir. Gbagbo doit faire autant. Qu’ils s’affrontent et que le meilleur gagne. Nous voulons un nouvel esprit pour diriger notre pays. Nous avons besoin de paix. Celui qui a l’amour de ce pays et de ses ressortissants.

 

Kouakou Kouadio Happy (Enseignant de formation) :

« …c’est la politique qui peut régler ce problème »

C’est quelqu’un qui a été envoyé à la Haye pour des chefs d’accusations et qui a été acquitté. A mon humble avis je souhaiterais qu’on le mette sur la liste électorale. Pourquoi ? Parce que les accusations portées contre lui ont été non fondées et à son retour au pays, il a été condamné par la justice de son pays, la Côte d’Ivoire par rapport à un certain braquage de la BCEAO.

Or en réalité selon moi, ce n’est pas un braquage. Cet argent qui a été récupéré a servi à travailler, à payer les fonctionnaires, eux-mêmes qui condamnent et qui accusent ont été aussi payés par cet argent.

Il n’avait pas le choix. Les blancs ont fermé toutes les banques. Et il fallait que les Ivoiriens vivent, qu’ils ne meurent pas de faim. Et c’est un geste à saluer. Malheureusement, c’est ce geste qui le condamne. Je peux dire que cette condamnation est politique.

Et comme c’est la politique qui peut régler ce problème, on demande au président d’utiliser ses moyens politiques pour le réintégrer sur la liste électorale pour qu’il ait la paix. Il n’y aura pas la paix s’il n’est pas sur la liste électorale. Evitons ce qui peut troubler la paix dans notre pays.

 

Akessé Marie Thérèse (Enseignante) :

« …on en a marre »

En ce qui concerne la situation politique dans notre pays, on en a marre. Nous sommes fatigués. Soit on le met sur la liste et on a la paix, soit lui-même reconnait qu’il n’est pas sur la liste, comme ça, nous aussi on aura la paix. Sinon on est fatigué. Moi, je veux quitter la Côte d’Ivoire pour vivre dans un autre pays où il y a la paix. Et quand il aura la stabilité, je vais revenir.

 

Koffi Georges (Homme d’affaires) :

« Je souhaite que la sagesse habite le président actuel… »

Je souhaite que la sagesse habite le président actuel, le chef de l’Etat Alassane Ouattara pour qu’il mette le nom du président Gbagbo sur la liste. Sinon cette condamnation n’a rien à avoir avec le droit. Ça n’a même pas de sens. C’est le même Gbagbo qui a signé un décret pour qu’il soit là où il est aujourd’hui. Alors, lui aussi au nom de la paix, il doit faire autant.

 

Marie G (Commerçante) :

« Le président Gbagbo doit laisser tomber »

Le président Gbagbo doit laisser tomber. Il était là on l’a vu. Ce sont les petites filles dans les grosses voitures, affaire de fesses. La Constitution l’a exclu. Il doit se plier, il a fait ses preuves. Il ne faut pas qu’il force, on veut la paix. Aujourd’hui c’est Alassane qui est là, il travaille bien et depuis qu’il est aux affaires il y a un calme relatif, même si on grogne. Il n’y a pas de bruits de botte. Si Ouattara veut se représenter, il a le droit.

Aujourd’hui Abidjan et même sur le territoire national, beaucoup de choses ont été faites grâce à la politique de développement du président Alassane Ouattara. Avant que le président Ouattara ne soit aux affaires, j’étais allée rendre une visite à ma petite sœur à Yopougon. Je vous assure que pour avoir accès à son domicile, les rues étaient impraticables. Nous étions obligés de continuer le reste du chemin à pied.

Le taxi ne pouvait pas circuler. Aujourd’hui, allez y voir. On ne dirait pas que c’est le même quartier. Il y a du goudron partout, les rues bien tracées et bien éclairées. Pour moi, Ouattara travaille bien et je suis prête à le voter. Il mérite d’être voté. Même le ministre gouverneur du district d’Abidjan ex-maire de la commune de Koumassi Cissé Ibrahim Bakongo, s’il se présente encore comme candidat de la commune de Koumassi, je le vote.

 

Kouassi Assemian (Citoyen ivoirien) :

« …ce problème ne doit pas être posé pour troubler la paix sociale »

A mon avis, ce problème ne doit pas être posé pour troubler la paix sociale. Car il n’a pas de sens. Gbagbo est un citoyen libre. Il a le droit de se présenter. Ça a été prouvé à la Haye, à l’internationale lors de sa détention. Il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI). C’est de la pure manipulation politiques des humains, ceux qui sont à la tête de ce pays.

Gbagbo n’a jamais braqué soi-disant la BCEAO. Toutes les banques ont été fermées en ce moment par les occidentaux. Et donc, il fallait avoir l’argent pour payer les fonctionnaires. Il faut que les Ivoiriens mangent même si on ne pouvait plus se soigner puis que les pharmacies ont fermé. Quelle méchanceté ?

Entant que président de la République, il a donné l’ordre pour aller chercher de l’argent. Eux-mêmes qui sont aujourd’hui-là ont été payés avec cet argent. S’il avait une justice en Côte d’Ivoire, ce genre d’accusation ne devrait pas surgir. Les Ivoiriens ont autre chose à faire. Pour l’instant, nous sommes à l’écoute. Que les gens ne nous poussent pas à bout. Nous voulons la paix rien que la paix.

 

Marie Jeanne (Commerçante) :

« Gbagbo doit se mettre de côté et choisir quelqu’un pour être candidat »

Pour moi, tout ça c’est de la politique, et tout ce qu’on demande, c’est la paix. Sinon que Gbagbo avait gagné les élections de façon claire. Ce sont les occidentaux qui l’ont renversé.

Grâce à Gbagbo les yeux des Ivoiriens se sont ouverts. On ne savait pas qu’on louait le palais présidentiel, l’Assemblée nationale et bien d’autres qui sont sur le territoire ivoirien, aux Français. Gbagbo pouvait faire mieux que ce qu’on voit aujourd’hui. Malheureusement, on lui a barré la route avec les coups d’Etat, les rebêlions à en point finir. On ne l’a pas laissé travailler.

Ouattara a été mis de force par les occidentaux pour qu’il fasse leur affaire. Les occidentaux savaient que le président Laurent Gbagbo ne rentrait pas dans leur vision politique. Il fallait lui barrer la route par tous les moyens. On l’a envoyé à la CPI. Il a été acquitté par cette juridiction internationale.

Ce qui était vraiment incroyable. Aujourd’hui, la justice ivoirienne le condamne pour des accusations fallacieuses. Où allons-nous dans ce pays ? Ceux qui doivent être arrêtés sont en liberté. Voyez-vous ?

C’est une réconciliation de façade dans laquelle nous sommes. Il n’a y a pas de vraie réconciliation dans ce pays. Sinon pourquoi empêcher un tel citoyen comme Gbagbo Laurent d’être éligible si ce n’est pas pour troubler la paix sociale ? Nous voulons la paix. Nous voulons la paix. Et c’est au nom de cette paix que Gbagbo a signé un décret pour le rendre citoyen ivoirien éligible et libre de tous ses mouvements.

L’histoire rattrape. Pour moi toute ces souffrances que Gbagbo a subi et par la grâce de Dieu la communauté internationale l’a acquitté. Ce que le commun des mortels croyait à peine. Il a été blanchi comme blanche neige. Et aujourd’hui Ouattara et ses hommes l’empêchent de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle dans son pays. Il n’a qu’à se retirer. Ceux-là, on ne leur fait pas confiance.

Il n’a qu’à choisir un de ses bons petits pour le remplacer et lui donner des conseils, des orientations. C’est vrai, le pays se développe. Mais on a faim. Qui est fou pour aller voter celui qui le maltraite ? Aujourd’hui, les partisans de Ouattara sont prêts à se lever contre lui. Gbagbo doit se mettre de côté et choisir quelqu’un pour être candidat. Cc’est le conseil que j’ai a donné.

 

Célébration des fête de fin d'année
Le Curé de Saint Etienne de Koumassi

Le père Paul Zikpi (Curé de l’Eglise Saint Etienne de Koumassi) :

« Il faut vivre selon la vérité »

Il faut vivre selon la vérité. Ce que vous connaissez comme vrai, comme juste, c’est ça il faut dire. Si on se tait sur la vérité quel que soit le journalisme, l’homme politique et tout, se taire sur la vérité et dire autre chose, les choses ne changeront jamais.

Tout récemment vous avez vu au Sénégal, lorsque les gens se sont rendu compte que les gens étaient dans le faux, ils se sont mobilisés pour soutenir celui qui est accusé injustement. Souvent nous sommes là, on ne se mobilise pas. La situation reste telle et on avance. Donc il faut se mobiliser se mettre ensemble pour soutenir ce qui est vrai ce qui est juste. Ce que nous demandons, c’est la recherche de la justice de la vérité. Ce qui est l’épine ouvrière de la paix sociale, c’est ce qu’on recherche tous. Nous ne sommes pas là pour dire que tel ou tel soit candidat. Le domaine de la politique pour la lutte pour le pouvoir, on doit permettre l’égalité de chance à tout le monde.

Ne pas tricher, ne pas vouloir piétiner quelqu’un. Et donc, nous tous nous devrons œuvrer pour que cette égalité de chance, pour que celui qui parait le meilleur pour notre société, pour notre bien, c’est celui là qui soit à juste titre placé. Et c’est ce que l’église enseigne. L’église demande de pratiquer la justice. Que chacun ait une égalité de chance pour pouvoir jouer son rôle. Que celui qui a le meilleur projet de société pour nous, que ce soit celui-là qui soit aux commandes.

L’Eglise demande d’œuvrer pour le droit, la justice, la vérité. Si vous journalistes, autres citoyens, on voit que c’est noir et on dit c’est blanc, surtout il y a pleins de journalistes qui sont comme ça. Vous-mêmes vous voyez la vérité et vous dites autre chose c’est de cela qu’il s’agit. Il faut se mobiliser et défendre le droit sinon si quelqu’un est opprimé et on se tait, l’autre est opprimé demain et on tait après, ça peut-être toi qui seras opprimé.

Si on ne se mobilise pas pour dire non, ça serait toujours ça. J’ai donné l’exemple du Sénégal si les Sénégalais avaient dit c’est l’affaire de Sonko, il n’a qu’à se débrouiller, ils seront tous dans la merdre. Ils ont affronté le danger qui arrivait pour dire non que ce n’est pas juste, c’est comme ça une société doit réagir pour freiner l’imposture.

 

Kouakou Léonard (Citoyen ivoirien) :

« Ouattara et Gbagbo sont tous has been »

Ouattara et Gbagbo sont tous has been. Ça veut dire qu’ils sont forclos, tous fatigués. Ils sont vieux. Leur candidature n’a plus de sens. Reconduire encore un des deux hommes à la tête du pays, c’est mettre la Côte d’Ivoire en retard. Surtout Gbagbo doit se retirer. Il observe, il donne des conseils. Sinon dire qu’il est candidat avec tout ce qui est comme casserole qui traine derrière lui, ce n’est pas intéressant pour ma part.

 

Allui Emmanuel (Infirmier) :

« … si l’autre a fait un effort pour te laisser être candidat, toi aussi fait un effort aussi pour lui »

Gbagbo, Bédié, Alassane, Guei Robert depuis 1990, depuis la mort du vieux Houphouët, ce sont ces mêmes personnes qui dominent la politique Ivoiriennes. Ça fait 34 ans ce sont ces mêmes personnes qu’on voit. Ça doit nous interpeller, prenons l’exemple de ce qui s’est passé au Sénégal. Ces jeunes universitaires qui étaient à l’Université en 2014 Diomaye Faye et Sonko aujourd’hui, ils sont à la tête du Sénégal. Ils ont 44 ans.

Chez nous ici, ce sont les mêmes visages que nous voyions. Voilà Bédié qui est parti dans des conditions tragiques. Il est parti avec beaucoup de haine dans le cœur. Voilà Gbagbo à qui on reproche beaucoup de choses. il a laissé sa femme Simonne tandis qu’on nous dit que ce n’est pas l’homme qu’on connait avec sa fougue mentalement ce n’est pas trop ça.

Aujourd’hui Alassane Ouattara qui a assez souffert et qui a enfin de compte su maitriser ses amis disons-le tout net, c’est celui qui a su maitriser ses amis, après Houphouët est assis. Ces mêmes personnes seront là en 2025 en 2030, si la mort n’intervient pas aussi. Ça n’arrange pas la jeunesse. Ça ne nous arrange pas. Pour revenir à ta question, si le retrait de Gbagbo sur la liste électorale ne va-t-il pas créer des troubles sociaux ?

Effectivement ça va créer des troubles. Nous avons l’impression surtout en Afrique qui dit que c’est celui qui arrive au pouvoir qui crée des problèmes à ses amis. On dit celui qui est au pouvoir, c’est lui qui doit avoir le porte flambeau de paix. Etant au pouvoir, Gbagbo a rendu Ouattara éligible. Ouattara était sous le coup de l’interdiction de rentrer en Côte d’Ivoire. Un décret a été pris par Gbagbo pour tout annuler. C’est ce qui a fait de lui un citoyen Ivoirien libre pour qu’il soit où il est aujourd’hui.

Donc pour moi, si l’autre a fait un effort pour te laisser être candidat, toi aussi fait un effort aussi pour lui. Nous voulons la paix. C’est tout ce qu’on demande à nos politiciens. Ce sont les mêmes visages qu’on voit. Et quand ils sont là, c’est que c’est la mort qui suit. Je déplore ça. C’est à Agboville que les militants de Gbagbo lui ont proposé d’être candidat.

Aujourd’hui, les militants de Ouattara lui proposent aussi d’être candidat et de faire un 4ème mandat alors que nous savons que la Constitution ne lui permet plus. Ce n’est pas encore une autre forme de violence qui est en train de se former ? On reproche au président Gbagbo d’avoir cassé la BCEAO. C’est ce chef d’accusation qui le rend inéligible alors que cet argent a servi à payer les fonctionnaires. Quand Gbagbo a été arrêté le 11 mars à la fin de ce même mois, les fonctionnaires ont été payés de janvier jusqu’en avril. C’est à saluer. La Côte d’Ivoire est un beau pays. Apprenons à nous tolérer. Je ne suis pas content que depuis 1990 ce sont ces mêmes personnes qui dominent la vie politique ivoirienne.

 

Kouamé Kouakou Florent (Enseignant) :

« Il est libre de se présenter »

Pour qu’il ait la paix, dans ce pays, la Côte d’Ivoire, tout ivoirien, qui remplit les conditions de se présenter à une élection de son choix doit être libre. Laurent Gbagbo fut un ancien président. Il a été emprisonné à la CPI pour plusieurs chefs d’accusations. Et voilà qu’il a été acquitté après plusieurs années de procès.

Aujourd’hui, il est revenu dans son pays pour continuer son travail. C’est-à-dire la politique. Et voilà qu’il veut être candidat. Pour moi, c’est tout à fait normal. Il est libre de se présenter. Et être candidat ne veut pas dire qu’il est automatiquement président. À mon avis, pour éviter que la paix sociale ne soit troublée, qu’on le laisse se présenter parce que cette autre accusation n’a pas son sens si vraiment nous sommes dans un pays de droit.

Il faut savoir que le président Gbagbo draine du monde derrière lui. S’il est écarté de la liste électorale, croyez-vous que ce monde va croisez les bras aussi facilement ? Et puis ce monde peut boycotter les élections et ce n’est pas intéressant.

Propos recueillis par Antoine Kouakou

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