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Deuil du président Henri Konan Bédié / Me Bertin Zehouri appelle les militants du PDCI à être dignes et forts dans la douleur

« Feu le président du parti, anciennement président de la République, a laissé dans mon souvenir, l’image d’un homme pondéré et responsable »

Me Bertin Zehouri
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Depuis le 19 mai 2024, la Côte d’Ivoire vit les obsèques de l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, ex-président du PDCI-RDA. De la levée de corps à IVOSEP Treichville à Daoukro sa ville natale en passant par la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan où lui a été célébrée une messe d’action de grâce, par l’Assemblée nationale et par la Présidence de la République, le public a exprimé sa douleur devant la dépouille mortelle de cet homme d’Etat affectueusement appelé ‘’ N’zueba ‘’ (la pluie de bénédictions).  Depuis Daoukro où il se trouve pour partager le deuil avec la famille Bédié, Me Bertin Zehouri, Haut Représentant du Président Tidjane Thiam dans le district du Goh-Djiboua livre son témoignage la gorge étreinte par l’émotion.

Quelles sont vos impressions sur le déroulement des obsèques du président Henri Konan Bédié ?

Le peuple Baoulé de la région de l’Iffou auquel appartient le président Henri Konan Bédié poursuit sa tradition de conférer un caractère sacré à leurs dignitaires. Dans ce peuple Baoulé de Daoukro, le chef est élevé à un rang spirituel et métaphysique de haute portée. C’est donc ce caractère immensément ancré dans leur culture que se déroulent les obsèques de l’illustre disparu.

La dignité se mêle à la douleur. La sérénité se la dispute avec la joie d’être unis autour des valeurs incarnées du peuple local auquel appartient le défunt président Bédié. L’accueil des populations est digne du très regretté. Aussi, quel que soit le nombre de visiteurs, vous ne verrez aucune complainte, aucun son discordant. Tout se déroule dans la paix et la discipline.

Quelle image gardez-vous de Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d’Ivoire et président du PDCI-RDA ?

Feu le président du parti, anciennement président de la République, a laissé dans mon souvenir, l’image d’un homme pondéré et responsable. Sous sa gouvernance à la tête de la Côte d’Ivoire, il s’est donné pour mission de valoriser l’appartenance à la nation ivoirienne. Qualifiant la nécessité du peuple ivoirien à cultiver l’amour de la nation, de l’Ivoirité. Le président Bédié n’avait pas eu tort.

Ceux qui ont combattu son idée de rassemblement autour de la priorité ivoirienne ont démontré ensuite qu’ils étaient simplement jaloux du rassemblement des Ivoiriens autour de leur pays. Quelle erreur y a-t-il à accorder la priorité à sa famille, à son village, à son pays ? Cela ne voulait certainement pas dire que les non-ivoiriens n’appartiennent pas à la nation ivoirienne. In fine, c’est bien de tout ce monde qui vit, travaille et se développe puis meure en Côte d’Ivoire que parlait le très regretté président Bédié dans son programme ‘‘Les 12 Piliers de l’Eléphant d’Afrique’’

. Mais plus que ce que vous savez, le président de la République a la réputation établie d’avoir conçu le développement infrastructurel et éthique de la Côte d’Ivoire d’après Félix Houphouët-Boigny. Il a poursuivi la construction des aéroports,  routes, ponts, écoles, centres culturels, de la couverture en électricité, de l’hydraulique, etc. Il a réuni autour de lui sans discrimination, les hauts cadres, qui aujourd’hui poursuivent non seulement la bonne organisation du PDCI-RDA, mais aussi la Côte d’Ivoire à plusieurs niveaux.

C’est le cas de l’ex-DG du BNETD devenu ministre du Plan, Son Excellence Tidjane Thiam actuel président du PDCI-RDA. C’est aussi mon cas à titre personnel. J’ai été adopté dans le droit fil des actes de rassemblement des Ivoiriens autour de leur patrimoine territorial. Nous, ivoiriens du district du Goh-Djiboua, habitants du Goh-Djiboua, frères et amis du Goh-Djiboua, nous savons que le développement de notre pays passe par la décentralisation effectivement opérée dans l’esprit de feu le président Bédié qui l’avait envisagé en 1998 alors qu’un hideux et horrible coup d’Etat survenu allait le conduire en exil sous des arguments fallacieux et jusqu’à présent non élucidés.

En sa qualité de Président du PDCI-RDA, M. Bédié a montré que le parti se gouverne par la base jusqu’au sommet. C’est-à-dire par la mobilisation des militantes et militants, des comités de base proches des familles, des secrétaires de section, des Délégués départementaux ou communaux et des autres structures spécialisées du parti. Cette proximité de gestion a poussé le président du parti à s’installer à Daoukro, à Prepressou, à Dadiekro son village natal où il a bâti son empire militant.

Pourtant, il aurait pu conduire le parti en étant établi à New York ou à Paris. Pourtant, il aurait pu diriger le PDCI à partir de Cocody ou du Plateau. Non, Monsieur le président Bédié était d’abord un militant de base à Daoukro avant d’être le leader national. Nous saluons cet esprit de pragmatisme managérial en politique et en gestion des affaires publiques. A cela, il convient d’ajouter la mobilisation des ressources humaines et financières que le président Bédié puisait dans ses plantations de palmier, d’hévéa et autres biens, pour soulager les comptes du PDCI-RDA qu’il a servi avec fidélité.

Au lieu de dépendre des cotisations des militants, le président Bédié avait préféré produire de lui-même à titre de contribution les ressources pour administrer le PDCI-RDA. Vous pouvez donc comprendre pourquoi, en dépit des 25 ans passés loin du pouvoir d’Etat, le PDCI continue d’inspirer confiance et attire la fibre de la jeunesse et les cadres du pays.

Nous saluons donc le modèle de patriotisme de ce grand Leader qui n’a pas trahi son projet de faire de la Côte d’Ivoire une nation unie dans sa diversité et ancrée dans ses valeurs régionales et ancestrales profondes. Ses funérailles actuellement à Prepressou semblent respecter les valeurs que le défunt président a vigoureusement défendues toute sa carrière en tant que militant de base, en tant que président de la République puis président du PDCI-RDA.

Selon vous, quel message revêt la disparition de Henri Konan Bédié à l’endroit du personnel politique du PDCI ?

Je tiens à adresser mes félicitations au comité d’organisation des obsèques, et mes remerciements à toutes les personnes en Côte d’Ivoire et à l’étranger qui ont témoigné leur solidarité sans réserve à la famille biologique et politique du défunt. Comme l’a dit le président Tidjane Thiam, notre mère Henriette Konan Bédié restée fidèle à son épouse jusqu’au bout aura constamment à ses côtés l’ensemble du personnel politique du PDCI pour lui servir de pilier à vie.

A la lecture de tout ce qui est dit, vous déduirez que le parti perd une sommité politique, un homme de paix, un modèle d’écoute et de conseil, un havre de tolérance et d’abnégation, un intrépide militant et dirigeant déterminé quand il le faut. N’a-t-il pas claqué les portes du RHDP alors qu’il porta ledit regroupement politique sur les fonts baptismaux ?

Le fondateur du RHDP, contrarié par le non-respect des exigences des militants du PDCI-RDA, choisissait de dire ‘’NON !’’ au moment où le RHDP s’y attendait le moins, laissant ce parti exsangue, vide et ébranlé. N’a-t-il pas lancé courageusement l’appel de Daoukro au moment où il fallait ? Cet appel n’est-il pas à la base de l’arrivée au pouvoir du président actuel ? N’est-ce pas le courageux leader Bédié et ses lieutenants qui ont appelé à la désobéissance pacifique contre le 3ème mandat présidentiel en cours ?

Qui a levé le voile sur l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire et ses conséquences dévastatrices sur notre environnement et notre économie minière ? C’est encore et toujours le président du PDCI-RDA qui, bravant le protocole omerta au palais des congrès de Yamoussoukro, en présence de Angela Merkel, dénonçait publiquement, la gestion clanique du pouvoir actuel ? C’est ce leader, feu Henri Konan Bédié que les militants de toutes les régions vont regretter longtemps.

Heureusement que son héritage est assuré par une génération à laquelle nous appartenons aux côtés de son Excellence le ministre Tidjane Thiam. J’appelle les militantes et les militants à se remobiliser après le deuil. Car la seule façon de rendre hommage à notre défunt président sera de lui succéder un régime pacifique, décentralisé, rigoureux, honnête, travailleur, courageux et surtout rassemblé autour du développement harmonieux de la Côte d’Ivoire dans l’optique chère à lui : LE PROGRÈS POUR TOUS, LE BONHEUR POUR CHACUN.

Info : Sercom

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