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137ème anniversaire du 1er mai : la CGTCI dénonce un bilan en deçà de ses espérances

Le confédéral adjoint 1 de la CGTCI à l'occasion de la célébration du 137ème anniversaire du 1er mai des travailleurs 2023.
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A l’occasion de la commémoration du 137ème  anniversaire du 1er mai, pour la fête des travailleurs 2023, la Confédération générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (CGT-CI), en lieu et place du traditionnel défilé comme il est de coutume, a réuni ses syndiqués à l’EPP Delafosse dans la commune d’Adjamé. Il a été question de faire le bilan de l’année 2022-2023 qui selon les responsables n’est guère reluisant, selon la déclaration faite par cette confédération syndicale composée de 11 syndicats.

Une vue de quelques participants à ce 137ème anniversaire du 1er mai aux côtés de la CGTCI.

Et pour cause, au plan social, l’on assiste à une dégradation continue  des conditions de vie et de travail des travailleurs. La baisse drastique du pouvoir d’achat malgré l’embellie économique observée depuis 2021, suite à la diminution des effets de la crise sanitaire ; les travailleurs sont victimes d’une véritable catastrophe sociale du fait de la baisse drastique de leur pouvoir d’achat.

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Pour la CGTCI, cette baisse du pouvoir d’achat est liée entres autres à la hausse effrénée des prix des produits de première nécessité tels que le riz, la viande, le poisson, l’huile, le gaz, les domestiques, les médicaments, l’énergie etc… « Le gouvernement avec l’aide et la complicité de syndicalistes veulent pérenniser la politique des trêves sociales chez nous en Côte d’Ivoire »,  a martelé Atsé Désiré secrétaire général confédéral adjoint 1 de la CGTCI, porte-parole à l’occasion de ce 137ème  anniversaire du 1er mai des travailleurs.

« Ensemble, ils veulent transformer les travailleurs en gestionnaire de l’Etat, ce qui n’est pas le rôle des travailleurs. Des syndicalistes doivent arrêter de faire croire que les rapports entre les travailleurs, le gouvernement et le patronat sont une succession de trêve sociale en faisant un bilan d’autosatisfaction des trêves précédentes sans l’avis des travailleurs au profit d’une minorité », a-t-il dénoncé.

Selon la CGTCI, « l’accroissement vertigineux du chômage est dû essentiellement aux mesures antipopulaires gouvernementales et patronales. » Le porte-parole de la CGTCI, a, à cet effet, donné  des « exemples de licenciements arbitraires et des licenciements pour motif économiques qui ont eu lieu au Grand moulin d’Abidjan etc. » dont les victimes sont des travailleurs du privé et dont « les mesures ne respectent aucunement les dispositions légales contenues dans le code du travail de la convention collective interprofessionnelle. »

Le SGN du parti Révolution de Côte d’Ivoire (PRCI), venu apporter son soutien à la CGTCI.

La porte-parole de la CGTCI  pour le 137ème  anniversaire du 1er mai a, également, levé un coin du voile sur les menaces sur les libertés politiques et syndicales. Et selon le secrétaire général confédéral adjoint 1, « dans sa volonté de satisfaire les conditionnalités des bailleurs de fonds internationaux à travers leurs bras séculiers le FMI et la Banque Mondiale, le pouvoir RHDP tente vaille que vaille de restreindre toutes les libertés politiques et syndicales. »

Comme preuves, soulignera-t-il, « pour contraindre les travailleurs à renoncer à la lutte, le gouvernement n’hésite pas à recourir aux remèdes moyenâgeux et inefficaces de ces prédécesseurs, en procédant aux arrestations de 4 personnes du SYNEPPLACI pour fait de grèves, le licenciement de 05 responsables syndicaux aux grands moulins d’Abidjan, les procédures disciplinaires engagées contre des responsables syndicaux, Désiré Atsé ( secrétaire général confédéral adjoint 1 de la CGTCI et secrétaire général national du SYENET), Aimé Nemlin de la coordination des syndicats du Ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration(COSYFOPMA)… »

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Aïcha Koné, invitée de la CGTCI a invité les femmes à adhérer dans les syndicats pour faire bouger les lignes.

Or, pour la CGTCI, « la liberté politique étant le préalable à l’exercice du droit syndical, la mobilisation s’impose aux travailleurs et à leurs organisations syndicales pour dire non aux attaques contre les libertés syndicales, afin qu’ils ne subissent pas le même sort que les partis politiques au cas où, ils voudraient s’opposer à la politique antisociale et de soumission du pouvoir RHDP aux multinationales. »

La CGTCI n’a pas manqué de dénoncer la question de l’insécurité. Ce, « malgré le fameux plan de sécurisation des biens et de personnes annoncé en grande pompz par le pouvoir Ouattara » A en croire Atsé Désiré, cette insécurité s’est accrue et généralisée sur toute l’étendue du territoire national ivoirien. Avec des populations et des travailleurs victimes de vols et viols en zone urbaine et rurale, des attaques de domiciles et d’entreprises, la persistance de l’existence des enfants en conflit avec la loi qui se généralise dans les quartiers d’Abidjan et autres grandes villes.

Yves Sery a déploré le fait que les syndiqués sont de plus en plus rares dans les manifestations qui les concernent.

La CGTI à cette occasion du 137ème  anniversaire du 1er mai des travailleurs n’a pas manqué de dénoncer la pratique du syndicalisme de « participation responsable » des années 1960 qui selon elle est  remise au gout du jour. « Ce type de syndicalisme qui a fait tant de mal aux ouvriers et travailleurs du secteur public comme privé incarné par la centrale syndicale UGTCI rejoint par la plupart des organisations syndicales qui ont eu à la combattre », a décrié Atsé Désiré.

Aussi, la CGTCI a fait savoir que le bilan fait de la lutte revendicative est en deçà de l’espérance des travailleurs.Ainsi, face aux tristes conditions des travailleurs, il n’est pas question de baisser les bras. C’est pourquoi, cette confédération syndicale a invité ses membres pour être plus percutant dans la lutte à étudier et à s’inspirer de l’histoire du 1er mai afin de s’engager à fond dans lutte ; à faire la promotion du syndicalisme  révolutionnaire et à continuer à renforcer les pratiques du syndicalisme de revendications et les organisations syndicales.

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En somme pour le porte-parole de la CGTCI à ce 137ème  anniversaire du 1er mai des travailleurs, le gouvernement et le patronat ne diront jamais aux travailleurs de se lever pour revendiquer parce que « l’économie est maintenant en bonne santé.» Mais c’est à chaque travailleur de se mettre en branle en utilisant comme moyen revendicative, le syndicalisme de revendication qui est plus que d’actualité dans le contexte actuel en Côte d’Ivoire. Cette célébration a vu la présence de syndicats invités, du parti communiste révolutionnaire de Côte d’Ivoire venu soutenu les travailleurs et autres.

Il faut noter que c’est dans une ambiance festive que la célébration du 137ème  anniversaire du 1er mai des travailleurs par la CGTCI a pris fin.

Antoine Kouakou

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