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Côte d’Ivoire : La communauté religieuse AMEN forme sur l’entrepreneuriat en milieu chrétien

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Le Département des travailleurs de l’Assemblée missionnaire évangélique pour les nations (AMEN) a organisé un séminaire de formation à l’église centrale de ladite communauté chrétienne sise à Yopougon Toits-Rouges. C’était le samedi 22 novembre 2025. Ce séminaire qui a drainé du monde a eu pour thème « L’entrepreneuriat en milieu chrétien. » Frères et sœurs chrétiens de l’AMEN, les chefs de communautés traditionnelles, des invités issus d’autres confessions religieuses, jeunes…, ont été instruits à des valeurs chrétiennes à avoir et des formalités administratives à suivre pour entreprendre.

Trois (3) principaux axes ont constitué le menu de cette rencontre d’informations, de formation et d’échanges. Il s’agit des références bibliques, les témoignages, et les formalités administratives relatives à l’entrepreneuriat. Nomelagne Raphael, président du département des Travailleurs de l’AMEN, a adressé les mots de bienvenue et de remerciements aux hôtes. Ce séminaire de formation qui était leur première activité de l’année 2025 s’inscrivait dans leur mission de foi et action. Avec un thème qui questionne.

Est-ce que le chrétien peut s’inviter dans l’entreprenariat, perçu dans la conscience collective comme une activité trop concurrentielle, voire hostile ? Les principes religieux permettent-ils au chrétien de mener des activités entrepreneuriales ? C’est à ces questions que des entrepreneurs chrétiens ont répondu pour instruire leur auditoire.

Pour y répondre, le président du département des travailleurs de l’AMEN a donné les différentes articulations du panel et présenté l’équipe de conférenciers composée de Mmes Dagou et Pokout, du frère Kramo et du missionnaire Wognin, tous membres de ladite assemblée.

Avant son intervention, le missionnaire Wognin a sacrifié à la tradition en confiant ce séminaire et les participants au Seigneur afin qu’il en assure la sécurité, la réussite et la bénédiction. Abordant le thème du séminaire, le M. Wognin a précisé qu’entreprendre, c’est prendre des initiatives, mener des activités pour créer de la valeur ajoutée à nos vies.

Contrairement à certains chrétiens qui pensent que l’activité du chrétien se limite à l’évangélisation, le missionnaire Wognin s’est appuyé sur quelques références bibliques pour démontrer que le chrétien doit entreprendre pour son épanouissement spirituel, physique et moral.

A cette occasion, il a cité Genèse chapitre 2, verset 15, qui rappelle que Adam et Eve dans le jardin avaient le devoir de cultiver le jardin pour avoir de quoi vivre. Mieux, le panéliste a mis en exergue Deutéronome qui dit que « L’Eternel ton Dieu t’a béni dans le travail de tes mains », constituant une autre preuve que le chrétien doit entreprendre.

Poursuivant avec les repères bibliques dans le Nouveau Testament, l’intervenant a défini le fidèle serviteur de Dieu comme le Croyant qui reçoit les valeurs chrétiennes et qui les multiplie pour le bonheur de la communauté. De cette définition, M. Wognin a affirmé que le chrétien peut créer son entreprise en tenant compte des valeurs chrétiennes, dans le respect des lois de l’Etat et des communautés dans lesquelles il vit.

Par ailleurs précise-t-il que pour tout projet, les facteurs d’amélioration et d’innovation doivent être pris en compte par le chrétien, avec le soutien des prières et des clés de réussite que sont Dieu, les valeurs bibliques, la sagesse pour la gestion des finances, et une identité chrétienne claire.

Pour terminer, le missionnaire Wognin a aussi souligné que le chrétien qui veut entreprendre doit se défaire de la paresse et du doute.

Comme témoins, Mesdames Dagou et Pokout ont partagé leurs expériences et leurs modèles économiques prenant source depuis leurs années scolaires et universitaires. Depuis sa résidence universitaire, en tant qu’étudiante, Mme Dagou a indiqué avoir toujours été entreprenante. Elle a dit avoir commencé par la vente de jus et autres produits de consommation pour avoir des revenus additionnels.

Aussi, l’actuelle responsable des Ressources humaines de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), a indiqué avoir poursuivi ses activités entrepreneuriales dans la vente du riz, avec pour clients ses collègues, jusqu’à devenir aujourd’hui, fournisseuse de riz à des cantines de grandes structures et institutions de l’Etat.

Pour sa part, Mme Pokout ne dira pas autre chose. Car c’est depuis les classes primaires qu’elle s’adonnait à la vente de produits sucrés et salés ou amuse-bouche à ses camarades d’écoles. Même pendant les vacances selon ses dires, elle se privait de repos, consacrant ses congés et vacances à griller de l’alloco (bananes, frites), puis quelques années après, à la vente de grandes quantités de bananes jusqu’au Mali voisin.

Cependant, précise-t-elle, ces activités ne se déroulent pas sans embuches. La concurrence, les aléas et autres méchancetés humaines sont des obstacles à surmonter avec la persévérance et la prière. Ces difficultés sont confirmées par leur coreligionnaire, Genesis qui est entrepreneur dans l’importation et l’exportation de matériel électro-ménager.

« Ça n’a pas été facile et ce n’est pas facile » confie-t-il. De la commande du matériel, jusqu’à la livraison, en passant au dédouanement au port, que de péripéties. Néanmoins, conseille-t-il de persévérer et s’armer de prières pour avoir le soutien du Seigneur. Au demeurant, s’il est conseillé au chrétien de mener des activités entrepreneuriales, il est aussi impératif de se conformer aux lois d’Etat qui régissent la création d’entreprise.

Selon M. Kramo, chef d’entreprise et formateur, le chrétien qui veut entreprendre doit s’informer et se former. Ce qui suppose l’établissement des pièces administratives exigées et le respect de la réglementation en vigueur dans le pays. A cet effet, en Côte d’Ivoire, dira-t-il, le CEPICI est l’institution agréée à consulter pour la création d’entreprise.

Par ailleurs, il a conseillé aux chrétiens de s’informer et se former selon les domaines d’activités. Et la formation se fait en présentiel dans des cabinets ou centres de formation, en ligne (gratuitement ou payante selon les sites), et selon le domaine de l’entreprise.

En plus de la formation, à défaut de connaissance dans la création d’entreprise, le formateur a conseillé aux chrétiens de se faire aider par des personnes physiques ou morales, expertes dans le montage de dossier pour création d’entreprise ou dans l’établissement de business plan pour conduire le projet.

En outre, M. Kramo a insisté sur la formalisation des activités entrepreneuriales car elle procure la crédibilité et la richesse.

C’est par une prière de bénédiction que le Révérend Coulibaly a clos la cérémonie, tout en invitant les hôtes à prendre part aux prières qu’organise l’Assemblée Missionnaire Evangélique pour les Nations, en cette période de fin d’année. Comme il le dit « L’Eternel était avec David et David a réussi. »

Edouard Delangui

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