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Côte d’Ivoire : Affaire Scandale à la Mairie de Songon / Un agent de l’Etat en concurrence avec des fournisseurs de l’Etat

La Mairie de Songon fait l'objet d'une affaire de non paiement de facture d'un fournisseur.
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C’est une affaire qui jette le discrédit et l’opprobre sur une institution qui jouissait d’une bonne réputation. La Mairie de Songon, située sur l’axe Abidjan-Dabou, à quelques encablures de la commune de Yopougon, est secouée par de graves scandales susceptibles de ternir l’image et la réputation de cette cité chère au chef du gouvernement, Robert Beugré Mambé.

Malgré l’interpellation du mis en cause à travers des articles parus dans nos médias, celui-ci semble persister dans ses agissements, causant d’énormes torts à ses victimes.

Les faits :

Depuis quelque temps, un opérateur économique dont l’entreprise fournit et équipe l’administration communale est dans une situation très difficile. La cause. C’est le sécrétaire général de la Mairie de Songon, qui serait à l’origine de ses déboires. Selon les dires de cet opérateur, cet agent de l’État, au lieu de faciliter la vie aux fournisseurs, leur impose une concurrence déloyale et inhumaine. Le secrétaire général agirait à la fois comme vendeur et acheteur au sein de l’administration. Il aurait créé des sociétés écrans dans lesquelles il déverserait les deniers de l’État, au grand dam des fournisseurs extérieurs. L’une de ces sociétés, dirigée par son épouse, serait très active au sein de la Mairie. Pire, des paiements destinés à certains fournisseurs seraient détournés au profit de l’épouse de ce dernier, à travers des manipulations d’écritures dont lui seul détient le secret.

Se sentant trop malmené et presque à bout de souffle, Kouadio Kouamé Marc Arnaud, directeur général de l’entreprise CARLIRANE, soumissionnaire à des appels d’offres de la Mairie de Songon, a décidé de porter l’affaire à la connaissance de la presse, après plusieurs démarches de conciliabule infructueuses. Face aux journalistes, il a dénoncé les pratiques qu’il qualifie de mafieuses et désobligeantes du SG de la Mairie, AKOBE AKBOSSAN Marc Vénance. Il l’accuse d’avoir délibérément bloqué le paiement de ses factures et d’en détourner d’autres au profit de “SAM-ELIE”, une entreprise appartenant à son épouse.

« Nous avons des factures arrivées à échéance, mais par la faute du SG, nous ne pouvons pas entrer en possession de nos fonds. Une de nos factures, qui devait être payée, a subitement disparu dans les dossiers du comptable, et après plusieurs recherches, elle serait apparue miraculeusement dans le bureau du secrétaire général. Pendant ce temps, alors que des factures en attente de paiement restent en souffrance, surgit une facture de l’entreprise familiale du mis en cause, entièrement payée avec la double signature du secrétaire général lui-même et de son épouse, au lieu du cachet du service financier. Quelle curiosité, quelle gouvernance ! » s’est insurgé le directeur général de CARLIRANE, n’hésitant pas à inviter les journalistes à vérifier ses propos auprès de cet agent de l’administration communale.

Souhaitant contribuer au bon fonctionnement de l’institution, M. Kouadio se dit victime de ses propres sacrifices au profit de l’État, par un agent qui était censé l’encourager et le protéger. Il révèle que le Maire a tenté d’intervenir pour régler la situation. Ainsi, il raconte : « Le 9 avril dernier, sur invitation du 1er Magistrat, M. Obrou Aloboué Osée, nous nous sommes retrouvés à son cabinet, en présence du secrétaire général, du responsable des services financiers, d’un conseiller du premier ministre, du chef de cabinet du maire et de l’ancien chef des services financiers. Trois personnes étaient dans ma délégation. À l’issue des échanges, il avait été convenu qu’un acompte me soit reversé dès le lundi 13 ou le mercredi 15 avril. Cependant, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre, en nous rendant chercher notre chèque, que le secrétaire général était absent. Selon les informations recueillies, il serait en voyage. »

Devant cette nouvelle réalité, l’infortuné, au-delà des actes de sabotage qu’il dénonce, affirme faire face à un mépris et une injustice criante de la part du secrétaire général de la Mairie, AKOBE AKBOSSAN Marc Vénance. « Que me veut-il ? Que me recherche-t-il ? » s’est-il interrogé, amer.

Pour vérifier les faits et recueillir la version du mis en cause, la presse s’est rendue dans le bureau du secrétaire général, bien avant la dernière rencontre initiée par le maire. Après une longue attente, le secrétaire général a finalement accepté de recevoir les journalistes, en présence de deux de ses collaborateurs, le responsable socio-culturel et la responsable financière de la Mairie. L’agent de l’État a reconnu que l’entreprise “SAM-ELIE” appartient à son épouse. Cependant, il a déclaré ne pas reconnaître M. Kouadio, directeur général de CARLIRANE, affirmant qu’il ne l’avait aperçu qu’une seule fois : « Je ne connais pas M. Kouadio, je ne l’ai jamais vu. La seule fois que je l’ai vu, c’était au bureau du Maire. »

Concernant la facture de la société CARLIRANE, dont l’une des factures semblerait coïncider avec celle de l’entreprise de l’épouse du secrétaire général, celui-ci a expliqué qu’il s’agissait d’un appel d’offres interne où, parmi les soumissionnaires, “SAM-ELIE” a été retenue. Il a précisé que cela n’avait rien à voir avec l’entreprise de M. Kouadio, qui avait soumissionné pour un projet de fonctionnement, tandis que son épouse avait été sélectionnée pour un projet d’investissement.

Cependant, le directeur général de CARLIRANE estime que cela n’est pas vrai, affirmant que « ce sont les mêmes appels d’offres et que l’argent sort des mêmes caisses de la Mairie. » Il accuse AKBOSSAN Marc Vénance d’utiliser des stratagèmes pour détourner les factures des opérateurs économiques au profit de l’entreprise familiale gérée par son épouse. Bien que le secrétaire général reconnaisse avoir fait payer la facture de son épouse, il ne se reconnaît pas dans les accusations du fournisseur, qui clame le paiement de ses factures tout en “criant au loup”.

Dans son désarroi, l’opérateur économique se pose de nombreuses questions : « A quand le paiement de mes factures arrivées à échéance ? Pourquoi, sachant que son visa est nécessaire pour le règlement de mes factures et malgré l’injonction faite par le maire, le secrétaire général a-t-il déserté son bureau pour un voyage sans la moindre compassion pour les fournisseurs ? Est-il légalement admis qu’un secrétaire général entretienne une entreprise familiale au sein d’une mairie dans laquelle il exerce ? » Le directeur général de la société CARLIRANE espère obtenir des réponses afin d’éclairer sa lanterne et celle des Ivoiriens.

Il est urgent que les autorités compétentes interviennent rapidement pour résoudre cette situation qui jette le discrédit sur cette commune chère au premier ministre Robert Beugré Mambé qui a eu à gagner les élections municipales pour être à la tête de cette commune. Nous y reviendrons.

Ben Amon

 

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