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Centre anti tuberculeux de Treichville (CAT) / Francis Koffi Kouamé (Superviseur) : « Le dépistage précoce, n’est pas une option, c’est la clé »

Francis Koffi Kouamé
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Récemment, une équipe de justeinfos.net a visité le Centre antituberculeux de Treichville dans le cadre de ses activités de terrain. L’occasion a été saisie par Francis Koffi Kouamé, superviseur des activités dans la zone Treichville-Marcory et acteur communautaire, pour lancer un message fort de sensibilisation. Son rôle, essentiellement centré sur l’information et le porte-à-porte, vise à rapprocher les populations des services de santé et à briser les barrières de la méconnaissance. A cet effet, il a tenu à s’appesantir sur la maladie de la Tuberculose.   

La tuberculose, maladie extrêmement contagieuse causée par le bacille de Koch, continue de faire des ravages en Côte d’Ivoire, souvent par ignorance, stigmatisation ou négligence. Malgré les efforts de l’État et de nombreuses ONG pour rendre le dépistage et le traitement quasiment gratuits, Francis Koffi s’interroge sur la réticence persistante des populations à consulter dès l’apparition de symptômes. « Des équipes sont toujours mobilisées, des canaux d’information multiples existent, mais l’engagement reste faible », déplore-t-il.

Les 3 formes de Tuberculose

Il a rappelé, de prime abord, les trois (03) formes principales de tuberculose. Ce sont a-t-il énuméré : La tuberculose pulmonaire, la plus fréquente, touche directement les poumons. Ses signes évocateurs ? Une toux persistante depuis plus de deux semaines, des crachats parfois sanglants, des douleurs thoraciques, de la fièvre, des sueurs nocturnes et une perte de poids inexpliquée.

En second position, La tuberculose extra-pulmonaire, qui atteint d’autres organes : ganglions, os, reins, intestins, méninges, etc. Les symptômes varient selon l’organe concerné, ce qui rend le diagnostic plus complexe.

Et enfin, La tuberculose disséminée (ou miliaire), la forme la plus grave, où la bactérie se propage via le sang à plusieurs organes : moelle osseuse, cerveau, foie, poumons… Elle nécessite une prise en charge urgente.

Comment traiter la Tuberculose ?

En matière de traitement, selon le superviseur, la durée dépend du type de tuberculose. Pour la forme pulmonaire, un suivi de 6 mois suffit si le dépistage est précoce. C’est-à-dire 2 mois de phase intensive avec plusieurs antibiotiques, suivis de 4 mois de phase de consolidation. Pour les formes extra-pulmonaire et disséminée, dira-t-il, le traitement peut s’étendre à 9 mois, voire 12 mois, selon l’organe atteint et la réponse thérapeutique.

« Notre rôle, en tant qu’agents communautaires, est d’informer, d’accompagner, de rassurer. Mais l’information ne suffit pas si elle n’est pas reçue, écoutée, partagée », insiste M. Francis Koffi. Il dénonce par ailleurs les obstacles rencontrés lors des campagnes. Notamment les procédures administratives lourdes pour accéder aux communautés, manque de considération pour des actions de santé publique vitales.

« Nous n’allons pas là pour vendre un produit, mais pour sauver des vies. Une personne infectée, souvent asymptomatique ou mal informée, peut contaminer 10 à 15 personnes. Surtout dans les lieux de fort rassemblement, comme les églises, mosquées, marchés, transports en commun… C’est une hécatombe silencieuse », avertit-t-il.

Il appelle donc à la souplesse, à la collaboration et à la priorisation de la santé collective. Et souligne aussi des besoins concrets. Notamment des mégaphones pour amplifier les messages dans les quartiers, des supports pédagogiques adaptés, et un renforcement des équipes de terrain par des apports financiers de personnes de bonne volonté.

Enfin, il a livré un message clair. « Se faire dépister dès les premiers signes (surtout une toux prolongée), c’est s’offrir une chance de guérison complète. À Treichville, comme dans l’ensemble du réseau antituberculeux ivoirien, le traitement est entièrement gratuit. Aucun patient ne doit payer un seul franc pour sa prise en charge ».

« Le dépistage précoce n’est pas une option, c’est la clé. Et chaque personne informée devient un relais de santé », a-t-il conclu.

 

Félix Yao

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