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Abo Kouadio Fodjo (Président des jeunes de Laoudi-Bâ) : « Je peux affirmer qu’on ne voit presque plus rien concernant l’orpaillage dans notre localité »

Abo Kouadio Fodjo dit Américain, Président des jeunes de Laoudi-Bâ.
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La région du Gontougo, comme plusieurs autres contrées de la Côte d’Ivoire, n’a pas échappé au phénomène nocif de l’orpaillage illégal. Avec les mesures de répression engagées ces derniers temps par le président Alassane Ouattara et son gouvernement, la situation commence toutefois à progressivement rentrer dans l’ordre. C’est dans ce cadre que le site d’information en ligne justeinfos.net a eu un entretien avec Abo Kouadio Fodjo, connu sur le surnom de ‘‘Américain’’, président des jeunes de Laoudi-Bâ, afin de faire le point de la situation sur cette partie de la Côte d’Ivoire.

Quel est l’état de l’orpaillage illégal dans la Région de Bondoukou en général, et particulièrement dans la sous-préfecture de Laoudi-Bâ, où le phénomène était devenu intenable ?

Je me nomme Abo Kouadio Fodjo, connu sous le nom de ‘‘Américain’’. Je suis président des jeunes du village et président de la Croix-Rouge locale de la sous-préfecture de Laoudi-Bâ.

« …depuis un certain temps, dans la Région du Gontougo et particulièrement à Laoudi-Bâ, les nouvelles sont bonnes »

Il faut dire que, depuis un certain temps, dans la Région du Gontougo et particulièrement à Laoudi-Bâ, les nouvelles sont bonnes. Grâce aux mesures prises par les autorités ivoiriennes, appuyées par l’action de la Gendarmerie nationale et de l’ensemble des forces de sécurité, l’orpaillage clandestin est en déclin total. Alors que cette activité était autrefois en plein essor, aujourd’hui, elle a considérablement diminué. Je peux affirmer qu’on ne voit presque plus rien concernant l’orpaillage dans notre localité.

« Par le passé, presque tous les jeunes, aidés par certains étrangers, avaient opté pour cette activité illicite… »

À Laoudi-Bâ, les parents se réjouissent particulièrement. Par le passé, presque tous les jeunes, aidés par certains étrangers, avaient opté pour cette activité illicite, au détriment de l’école et de leur formation. Aujourd’hui, grâce à une sensibilisation accrue des autorités et des parents, nous avons pu récupérer ces enfants, qui sont revenus à la raison.

Certains ont repris le chemin de l’école. Le respect des us et coutumes, qui faisait défaut, est en train de se rétablir. Beaucoup écoutent désormais les conseils de leurs parents et évitent les actes susceptibles de nuire au bien-être et à la paix sociale.

Par ailleurs, hormis ceux qui sont retournés à l’école, les autres jeunes se sont réinvestis dans l’agriculture et les travaux champêtres afin de subvenir à leurs besoins. En somme, c’est un véritable soulagement pour la population, l’autorité préfectorale, le chef du village, la notabilité et l’ensemble des habitants.

Lorsque l’orpaillage illégal était à son apogée dans les différents villages, on a constaté une forte affluence de personnes venues de partout. Qu’en est-il aujourd’hui de ces individus, parfois aux allures étranges, depuis le déclin de l’activité ?

 « Nous nous réjouissons à tous les niveaux… »

Nous nous réjouissons à tous les niveaux. Les braquages, les comportements indélicats et les personnes inhabituelles qui pullulaient dans la cité de Laoudi-Bâ ont disparu. Il ne reste que les autochtones et les allogènes qui résidaient déjà dans le village, notamment les Koulango, les Lobis, les Peuls et les Ghanéens, aujourd’hui largement investis dans les activités agricoles.

En revanche, ceux qui habitaient le village et s’adonnaient clandestinement à l’orpaillage à Laoudi-Bâ et dans les villages environnants ont tous disparu, comme emportés par une tempête en une nuit. Cela a permis au village de retrouver la quiétude d’antan.

Au-delà de Laoudi-Bâ, quelle est votre appréciation, vous qui parcourez régulièrement les autres localités, sur cette gangrène aux conséquences particulièrement nocives ?

 

« Dans toute la zone où l’orpaillage illégal cherchait à s’installer, les sites ont été mis hors d’état de nuire »

De manière générale, le constat est le même dans le département de Bondoukou, notamment à Kiendi-Bâ, Kouassi-Dava, Séréhoudé, Gbagbao et Gbanan. Dans toute la zone où l’orpaillage illégal cherchait à s’installer, les sites ont été mis hors d’état de nuire.

D’ailleurs, le samedi 28 septembre 2026, la Gendarmerie nationale et le corps préfectoral de Bondoukou ont mené une opération de déguerpissement d’un site clandestin à Kiendi-Bâ, situé à environ 20 km de Bondoukou, sur l’axe Bondoukou-Bouna. Une action similaire a également été menée dans le village de Séréhoudé. Ces interventions contribuent au rétablissement de la quiétude des populations dans notre région.

Il faut souligner que ces deux localités étaient tristement célèbres sur cet axe Bondoukou-Bouna, où des individus peu recommandables cherchaient à établir leur quartier général. Cela fait désormais près de six mois que l’on n’entend plus parler d’orpaillage dans les autres localités. De nombreux élèves ont repris le chemin de l’école, tandis que les autres se sont investis dans les travaux champêtres.

Peut-on véritablement affirmer que les jeunes qui avaient embrassé l’orpaillage clandestin sont revenus à leurs activités d’origine ?

Effectivement, les jeunes ont tourné le dos à cette activité. La preuve, le dimanche 29 septembre 2026, nous avons organisé une grande rencontre avec la population, sous l’égide du bureau des jeunes, que je préside.

Au cours de cette rencontre, les jeunes ont fait leur mea culpa concernant la voie de dérive dans laquelle ils s’étaient engagés. Ils ont salué la bonne volonté, les conseils et les efforts des parents ainsi que des autorités gouvernementales, qui les ont encouragés à reprendre une vie normale. Ils ont alors décidé de suivre les conseils de leurs parents. Ceux qui sont planteurs ont repris l’agriculture, tandis que les élèves sont retournés à l’école.

Lors de cette rencontre, nous avons recensé environ 300 jeunes ayant répondu favorablement à cet appel. Plusieurs sujets ont été abordés, notamment la présence renforcée de la Gendarmerie nationale sur les différents axes et les conseils d’usage donnés à la jeunesse.

En tant que président des jeunes de la sous-préfecture de Laoudi-Bâ, quel est votre message à la fin de cette interview ?

« Depuis longtemps, Bondoukou et la zone Est étaient considérées comme une zone rouge… »

 

 

 

 

Aujourd’hui, la population de Laoudi-Bâ et celle du département de Bondoukou se disent heureuses. Depuis longtemps, Bondoukou et la zone Est étaient considérées comme une zone rouge, en raison de l’orpaillage clandestin, de la menace djihadiste et d’autres fléaux tels que la prostitution.

À cause de ces phénomènes, beaucoup de jeunes filles, au lieu d’aller à l’école, avaient choisi des raccourcis. Aujourd’hui, elles comprennent qu’il s’agissait d’une grave erreur. L’avenir d’une nation repose sur sa jeunesse. Elles ont, elles aussi, entendu les appels des autorités et décidé de prendre leurs études au sérieux.

Nous souhaitons que les actions de sensibilisation menées par les autorités du pays trouvent un écho favorable auprès de la jeunesse. Nous demandons également que des unités de transformation des produits agricoles soient implantées dans la région. En effet, les revenus tirés de la production d’ignames ou de noix de cajou restent faibles et peuvent décourager les jeunes.

Les parents demandent à l’État de faire un effort pour améliorer le prix bord champ de l’anacarde. Et l’igname, dont la culture est souvent difficile, le changement climatique rend certaines années improductives, ce qui complique la scolarisation des enfants. Certains parents éprouvent aujourd’hui des difficultés à réunir les 6 500 francs CFA nécessaires à l’inscription de leurs enfants, sans parler de l’achat des fournitures scolaires.

Réalisée par Félix Yao

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