topheader

Résidences meublées en Côte d’Ivoire / Dedo Ange Michel (Jeune Promoteur) : « Il faut travailler avec des personnes qui maîtrisent à fond le secteur »

Dedo Ange Michel
26
S'inscrire à la newsletter

- Advertisement -

Listen to this article

Depuis quelque temps, les hôtels-résidences connaissent un véritable essor à Abidjan et, de plus en plus, à l’intérieur du pays. Porté par une demande croissante pour des solutions d’hébergement alliant confort, autonomie et flexibilité, ce secteur attire de nombreux jeunes promoteurs. Pour comprendre les raisons de cet engouement et les réalités de cette activité en pleine expansion, le journal Justeinfos a, dans une interview, échangé avec Dedo Ange Michel, jeune promoteur de résidences meublées à Yopougon.

 Comment êtes-vous arrivé dans le milieu des résidences meublées ?

À l’état civil, je me nomme Dedo Ange Michel. Je suis gérant et propriétaire de résidences meublées. Au départ, j’étais client. Et au fur et à mesure, j’ai constaté que j’y laissais beaucoup d’argent. Je me suis alors demandé pourquoi ne pas devenir moi-même promoteur ? Surtout que les week-ends, la demande est très forte. Ainsi, je n’aurais plus de soucis les fins de semaine. Par ailleurs, très présent sur les réseaux sociaux, j’ai vu là une opportunité de me faire de l’argent. J’ai donc commencé comme démarcheur.

Je proposais mes services à des promoteurs, leur envoyais des clients et touchais une commission. Avec le temps, j’ai compris que c’était un business très rentable. C’est ainsi que je suis devenu entrepreneur dans ce domaine, tout en continuant à faire du démarchage. Car ce qui est primordial, c’est de satisfaire la clientèle.

Ce n’est pas parce qu’on a deux ou trois résidences qu’il faut refuser les autres clients. Mon objectif premier est de satisfaire le maximum de clients. Ainsi, lorsque mes deux résidences sont occupées et qu’un client m’appelle, je le mets en contact avec d’autres promoteurs de ma connaissance. De cette façon, les clients continuent de passer par moi. J’ai également une large base de clients, ce qui fait que mes résidences sont constamment occupées.

 Quels types de clients fréquentent vos résidences ? Sont-ils uniquement des Ivoiriens ou aussi des étrangers ?

Nous avons toutes sortes de clients. Des Ivoiriens, des étrangers et des membres de la diaspora. Bien entendu, les contacts se font principalement via les réseaux sociaux. J’ai une page Facebook où je publie régulièrement et, dans une moindre mesure, sur TikTok. Facebook demeure ma première force en termes de promotion. Bien sûr, le bouche-à-oreille joue aussi, mais les réseaux sociaux restent l’outil de promotion par excellence.

 Peut-on affirmer que ce secteur nourrit son homme ?

 « Je peux vous dire tout de suite que ça nourrit largement son homme »

Je peux vous dire tout de suite que ça nourrit largement son homme. Pour une personne qui maîtrise parfaitement ce milieu, les revenus mensuels peuvent se situer entre 200 000 et 250 000 FCFA.

 Si quelqu’un souhaite investir dans une résidence, quel capital faut-il prévoir pour obtenir une résidence de qualité ?

Pour avoir une bonne résidence, il faut un minimum de deux millions (2 000 000) FCFA. Cette somme sert d’abord à louer un local (caution + avance), puis à refaire l’intérieur (remplacement des carreaux, décoration, etc.) pour offrir un cadre attrayant. Mais l’élément sur lequel il faut surtout mettre l’accent, c’est la propreté. Quand ta résidence est bien propre, avec des télés Android, le Wi-Fi, la climatisation, un lit confortable, un canapé… en somme le minimum requis, la clientèle accourt. Mais la propreté demeure indéniable.

On a l’impression que tout roule dans ce secteur. Quelles difficultés rencontrez-vous ?

En toute chose, il existe des avantages et des inconvénients. Souvent, quand on publie une annonce, des clients prennent contact et on leur demande de verser une avance pour réserver. C’est la règle. Or, certains rechignent à le faire parce qu’ils ont déjà été arnaqués par des promoteurs ou des intermédiaires mal intentionnés. Beaucoup de ces escrocs n’ont même pas de résidences et trompent les clients.

Du coup, quand on demande une avance, certains refusent. Pourtant, garder une résidence libérée depuis midi pour quelqu’un qui doit l’occuper à 20h sans avance préalable est difficile. Ou alors, si le client change de programme à la dernière minute et ne vient pas, cela occasionne une perte pour nous. En outre, il arrive que certains clients endommagent nos biens et refusent de les rembourser, sous prétexte que ce n’est pas eux. Et pourtant, le constat est fait après leur départ.

 En dehors des problèmes avec les clients, quelles autres difficultés rencontrez-vous ?

Cette fois-ci, c’est avec les propriétaires des maisons. Quand ils constatent que la maison est utilisée comme résidence meublée, ils augmentent le prix de la location mensuelle.

 Et avec les forces de police ?

Dans le cas spécifique de Yopougon que je connais, c’est la Brigade mondaine qui gère notre secteur. On déclare sa résidence et on tient un registre dans lequel tous les clients sont enregistrés. Selon les nouvelles dispositions de l’annexe fiscale 2026, une taxe sera bientôt ajoutée. Pour l’instant, la mesure n’est pas encore entrée en vigueur. Cela nous pose la question de savoir comment convaincre un futur client qui verra dans cette mesure une hausse des prix.

 Quels sont vos rapports avec le Ministère du Tourisme ?

En principe, chaque promoteur doit se déclarer au Ministère du Tourisme.

Êtes-vous en règle vis-à-vis du Ministère du Tourisme ?

Les services du Ministère m’ont fourni un papier. En principe, ils devraient me donner un appareil, mais à défaut, ce papier sert de garantie. En cas de contrôle, il attestera que j’ai déjà entrepris les démarches.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui ambitionnent de se lancer dans ce business ?

À ce niveau, certains points essentiels sont à maîtriser. Il faut avoir du temps. Parce que quand tu n’es pas là et disponible, cela peut te jouer des tours. Celui sur qui tu comptes pour gérer ta ou tes résidences pense d’abord à lui-même, pas à toi. La seconde priorité, c’est de travailler avec des démarcheurs. Tu peux avoir une résidence bien équipée, mais si tu n’as pas de clients, comment rentabiliser ton affaire ?

Il faut donc travailler avec des personnes qui maîtrisent à fond le secteur et qui t’enverront des clients. Il faut surtout éviter de se lancer simplement parce qu’on a entendu dans une conversation de quartier que « les résidences marchent ». C’est une grosse erreur. Il faut être sûr d’avoir une bonne équipe aux actions bien coordonnées. Si vous respectez toutes ces consignes, il n’y a pas de raison d’échouer. Je précise au passage que la commission du démarcheur est généralement de 10%. Souvent, en fonction des résultats, on peut atteindre 15%. À l’époque, quand j’étais démarcheur, ma vision n’était pas la commission, mais d’avoir le maximum de clients par jour pour me faire un peu plus d’argent en fin de journée. Il m’arrivait de gagner entre 20 000 et 50 000 FCFA.

Réalisée par Félix Yao

- Advertisement -

- Advertisement -

- Advertisement -

- Advertisement -