En Côte d’Ivoire, chrétiens et musulmans sont en privation à travers le carême et le jeûne. Et cela, depuis le mercredi 18 février 2026. Ce jeûne ou carême a débuté par l’abstinence de manger à l’aube, après l’observation du croissant lunaire pour les musulmans, et l’imposition des cendres pour les chrétiens catholiques. Une période de prière, de carême ou de jeûne et de pénitence de 40 jours pour les chrétiens et 29 ou 30 jours pour les musulmans. Similitudes et différences.
Quatre jours après avoir célébré l’amour des couples à travers la Saint Valentin, c’est à Dieu que les chrétiens et les musulmans viennent témoigner leur reconnaissance. Par le carême ou le jeûne, ils doivent prouver leur amour et leur dévotion au Miséricordieux.
C’est le mercredi 18 février qu’a débuté ensemble le carême chrétien pour la Pâques et le jeûne musulman pour la fête du Ramadan. Fait rarissime, qui selon un article de Solweig E. du magazine Marie France « est une première depuis 1863 ».
Ce jour du Ramadan, neuvième mois du calendrier islamique, après l’observation du croissant lunaire, le musulman doit obligatoirement commencer le jeûne. Conformément à une prescription coranique dans la sourate Al-Baqara (2 :183), pour espérer avoir la piété.
Le jeûne, quatrième pilier de l’islam, consiste à prendre un repas avant l’aube, et s’abstenir de manger, fumer, boire et avoir des relations intimes, de l’aube au coucher du soleil, pendant 29 ou 30 jours. A l’exception des personnes âgées, des malades, des femmes enceintes ou allaitantes, et des voyageurs ; qui peuvent en être dispensés, avec la nécessité dans certains cas de rattrapage des jours où ils n’ont pu se conformer à cette exigence.
Une preuve de foi. La foi en Dieu le Suprême, partagée par tout croyant, et particulièrement les chrétiens. Chez les chrétiens, précisément les chrétiens catholiques, le carême rappelle les quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. Il consacre l’intimité avec Dieu, et prescrit aussi des exigences. Cette période dure quarante jours. A l’entame de cette journée, les fidèles catholiques doivent se soumettre à l’imposition des cendres qui rappelle la fragilité et l’évanescence de la vie humaine.
Ils doivent aussi observer l’abstinence. Volontairement. C’est-à-dire qu’ils se privent volontairement de repas et d’habitudes confortables, à l’exception du mercredi des cendres et du vendredi saint où l’interdiction de manger est obligatoire. Avec en sus, l’abstinence à la consommation de viande, les vendredis. Néanmoins pour certains théologiens, ce caractère facultatif du jeûne serait discutable en référence à l’Evangile Mathieu à son chapitre 9 verset 14-15.
Mais que recherchent chrétiens et musulmans en observant cette privation durant ce temps ? De façon unanime, les jeûneurs espèrent en la purification du corps, de l’âme et de l’esprit. Mieux, pour les deux communautés religieuses, le jeûne ou le carême vise une relation plus profonde avec Dieu et Allah, une transformation intérieure, une élévation spirituelle et une culture de la solidarité.
Comme on le voit, le jeûne ou le carême est important aussi bien pour le Ramadan que pour la Pâques. Néanmoins, les privations ne suffisent pas à l’épanouissement spirituel. Il doit être soutenu par les prières, les louanges à Dieu, la solidarité au sein des populations, la culture du pardon et de l’amour entre les semblables.
En Côte d’Ivoire, où chrétiens et musulmans coexistent pacifiquement, la concomitance du Carême pour la Pâques et le jeûne pour le Ramadan est une opportunité de renforcer la fraternité religieuse, socle d’une cohésion et d’une paix sociale durable, facteur de développement humain.
Edouard Delangui
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