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Côte d’Ivoire : la FECOMCI s’engage aux côtés de l’Etat pour la professionnalisation du secteur minier artisanal

La photo de famille avec les autorités devant le siège de la FECOMCI de Sinématiali.
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Les responsables de la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) ont procédé, ce samedi 25 juillet 2026, à la place ADO de Sinématiali, à la présentation officielle de leur fédération créée le 31 mars 2026. Cette présentation a été marquée par la « Déclaration de Sinématiali » et suivi de l’inauguration officielle de son siège flambant neuf.

Présents à cette cérémonie, le préfet de Sinématiali, Gueu Gilbert, le lieutenant-colonel Doua Harding, chef du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI sud et GSLOI nord), le maire de Sinématiali, Abou Dosso Coulibaly, la directrice régionale de l’Environnement et de la transition écologique du Poro, Mme Flan Germaine et le président de la FECOMCI, Koné Seydou, ont passé plusieurs messages forts dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal.

L’intervention du président de la FECOMCI.

Ils étaient nombreux à la Place ADO de Sinématiali pour la présentation de la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI), le samedi 25 juillet 2026. Des chefs de village et délégations de coopératives minières sont venus du Zanzan, d’Odienné, d’Abengourou, de l’Iffou, de Bouna, de Korhogo, de Man, du grand nord… pour participer à cette présentation officielle.

« À Sinématiali, nous ne sommes pas venus présenter une Fédération de plus. Nous sommes venus ouvrir une nouvelle page de l’histoire minière de la Côte d’Ivoire », a indiqué le président de la FECOMCI. Pour Koné Seydou, face au désordre qui règne dans le secteur de l’exploitation minière artisanale, qui favorise l’orpaillage illégal, communément appelé orpaillage clandestin, la FECOMCI est venue pour agir.

« Nous avons choisi l’organisation. Nous avons choisi la formalisation. Nous avons choisi la responsabilité. Nous avons choisi la légalité. Nous avons choisi le développement », a-t-il expliqué.

Rappelant le thème de cette cérémonie qui est « Organiser, Formaliser, Développer : les coopératives minières au service de la Côte d’Ivoire », le président Koné Seydou a fait savoir que ces trois mots que sont ‘‘organiser’’, ‘‘formaliser’’ et ‘‘développer’’ « ne sont pas un slogan de circonstance. Ils constituent notre feuille de route. » Il n’a pas manqué d’expliquer cette feuille de route.

Le préfet de Sinématiali, Gilbert Gueu.

« Organiser, parce qu’un secteur dispersé demeure vulnérable. Formaliser, parce qu’aucun développement durable ne peut se construire durablement en marge des lois de la République. Développer, parce que la richesse minière doit devenir une richesse économique, sociale et territoriale », a-t-il affirmé. Pour le président Koné Seydou « nos mines doivent produire de l’or, certes. Mais elles doivent surtout produire de l’avenir. »

Il a tenu à mettre le pied dans le plat avec la question de l’orpaillage clandestin face aux autorités préfectorales et les chefs de villages. « Nous devons regarder avec courage l’un des défis majeurs auxquels notre pays est confronté : l’orpaillage illégal. Oui, l’illégalité doit être combattue. Oui, les lois de la République doivent être respectées. Oui, nos forêts doivent être protégées. Oui, nos cours d’eau doivent être préservés. Oui, les réseaux clandestins qui exploitent illégalement nos ressources doivent être combattus avec fermeté », a insisté le président de la FECOMCI.

Pour le président Seydou, certes, il faut combattre avec vigueur, l’orpaillage illégal, mais plus important encore, la véritable question est de savoir comment transformer une économie informelle en une économie organisée, légale, responsable et créatrice de développement durable.

Le maire de Sinématiali

Il a par ailleurs souligné que derrière l’informalité, il existe aussi des réalités humaines. Parce qu’il y a des jeunes qui cherchent un emploi, des familles qui cherchent à vivre dignement, des communautés qui attendent des opportunités, des milliers d’acteurs qui doivent être identifiés, organisés, formés, encadrés et responsabilisés. C’est pour toutes ces raisons que selon lui, la réponse doit être à la fois ferme contre l’illégalité et déterminée en faveur de la formalisation. « Nous devons fermer la porte à l’illégalité, mais ouvrir largement celle de la légalité », a lancé le président Koné Seydou.

Le président de la FECOMCI a proposé comme solution pour combattre l’illégalité et ce qu’il a qualifié de l’une des grandes portes d’entrée vers la légalité, des coopératives minières fortes, organisées, responsables et légalement constituées.

Il a par ailleurs rendu hommage au ministre de tutelle, Mamadou Sangafoa Coulibaly, pour son engagement, sa détermination et tout le travail qu’il accomplit au service du développement, de la modernisation et de la transformation du secteur minier ivoirien. Il n’a également pas oublié le préfet de Sinématiali dans ce témoignage de reconnaissance.

Le lieutenant-colonel Doua Harding, chef de GSLOI nord et GESLOI sud.

Pour sa part, le préfet de Sinématiali, Gilbert Gueu, a salué les propos de sagesse du président de la FECOMCI. A cet effet, il a tenu à s’adresser à deux entités impliquées dans l’orpaillage. D’abord aux acteurs de la FECOMCI, il leur a souhaité bonne arrivée à Sinématiali. Gilbert Gueu leur a demandé d’avoir leurs papiers et à la direction d’avoir les documents qu’il faut pour sanctionner en leur sein, les brebis galeuses. « Nous serons vigilants », a-t-il prévenu. Le préfet de Sinématiali a interpellé la FECOMCI en invitant les acteurs à ne pas se servir de la couverture de cette fédération à des fins illégales.

Aux autorités traditionnelles et propriétaires terriens, il les a invités à pouvoir distinguer ceux qui font correctement le travail et ceux qui le font de façon illégale. Pour lui, ces derniers devraient pouvoir signaler au corps préfectoral, toutes les activités sur leur terre.

Il a souligné que l’avènement de la FECOMCI s’inscrit dans la vision du ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie qui est mise en œuvre. Aussi a-t-il appelé le président de la FECOMCI à relevé le défi fixé par le ministre Mamadou Sangafoa Coulibaly.

Avant le préfet, le chef du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI), Doua Harding au nom du commandant Zagadou Hilaire, a fait le point de la lutte. Pour le chef du GISLOI, cette rencontre constitue une occasion privilégiée de sensibiliser sur les ravages causés par le fléau de l’orpaillage illégal et, au-delà, de poser les bases d’un véritable pacte citoyen pour une lutte globale et déterminée contre l’orpaillage illégal. Doua Harding est revenu sur les effets néfastes de l’orpaillage illégal.

Mme Flan Germaine, directrice régionale de l’Environnement et de la transition écologique du Poro.

« Il ravage nos forêts, détruit nos plantations, appauvrit nos terres cultivables, et empoisonne nos rivières par le mercure et le cyanure, privant ainsi certaines localités d’eau potable. Il met en péril la santé des populations, alimente l’insécurité et la traite des êtres humains, compromet le développement durable et pousse nos enfants à abandonner l’école », a-t-il dénoncé.

Le lieutenant-colonel Doua Harding a fait le point de la lutte en tant que responsable de GSLOI SUD et GSLOI NORD. « (…) Ses unités ont mené 8 524 opérations de déguerpissement, saisi 135,854 kilogrammes d’or et 358 pelleteuses et déféré 4 560 individus devant les tribunaux », a-t-il déclaré.

Il a précisé que la lutte se poursuit sans relâche. « Plusieurs opérations sont actuellement en cours dans les régions les plus impactées, avec des résultats probants. À titre d’exemple, les opérations spéciales conduites du 04 au 21 juin 2026 sur le fleuve Comoé et le fleuve Bandama ont permis la destruction de 654 dragues », a révélé le chef du GSLOI.

Soulignant que les contrevenants s’exposent à des sanctions exemplaires et sévères, saisie ou destruction du matériel, poursuites judiciaires, peines d’emprisonnement et lourdes amendes, Doua Harding a laissé entendre que l’État ivoirien ne reculera devant aucunes difficultés pour protéger ses terres, ses populations et l’avenir de la Côte d’Ivoire.

« Cette volonté est réaffirmée par le dernier communiqué du Conseil National de Sécurité en date du 23 Juillet 2026 qui proclame l’intensification de la lutte contre l’orpaillage illégal en y intégrant de nouveaux leviers de gouvernance », a-t-il rappelé.

Pour le chef du GSLOI Nord et Sud, bien que la répression est le socle de la lutte, mais la sensibilisation demeure un pilier important. Il a salué, par ailleurs, toutes les structures et organisations, à l’image de la FECOMCI qui sont animées par la volonté de faire reculer l’illégalité et à donner un avenir solide et prospère au secteur minier ivoirien.

Pour Mme Flan Germaine, directrice régionale de l’Environnement et de la transition écologique du Poro qui avait à ses côtés, la directrice régionale de l’Environnement du Tchologo, cette cérémonie marque un moment décisif. Car depuis un moment, la Côte d’Ivoire vit un désastre environnemental qui est l’orpaillage clandestin. Selon elle, le thème choisi par la FECOMCI est fédérateur et évocateur. Et c’est pertinent et important qu’aujourd’hui, l’on assiste à une organisation du secteur minier.

Mme Flan Germaine a dit que l’initiative de la FECOMCI s’inscrit dans la vision du ministre de l’Environnement. Elle a, par ailleurs, fait la promesse que le ministre de l’Environnement, à travers ses différentes directions régionales va accompagner la FECOMCI.

Présent à cette présentation de la FECOMCI, le maire de Sinématiali, Abou Dosso Coulibaly, dit ‘‘le maire guépard’’ a dit être honoré par la FECOMCI qui a décidé d’installer son siège dans sa commune. Il a également témoigné sa reconnaissance au gouvernement ivoirien pour les efforts engagés dans le secteur minier. Le premier magistrat de Sinématiali a également salué la FECOMCI pour ses efforts dans la restructuration du secteur minier en Côte d’Ivoire.

L’un des moments forts de cette cérémonie est la lecture de l’adoption solennelle de la « Déclaration de Sinématiali. » Cette déclaration est un engagement pris de façon officielle par les membres de la FECOMCI à s’inscrire dans la droite ligne de la lutte contre l’orpaillage illégal et sa participation à rendre le secteur minier artisanal plus professionnel, légal, soucieux de la protection de l’environnement et profitable aux populations et à l’Etat de Côte d’Ivoire.

C’est par la coupure du ruban pour l’inauguration du siège de la FECOMCI à Sinématiali, par les officiels et la visite des lieux que cette cérémonie a pris fin. Il faut noter que la FECOMCI après 5 mois d’existence a à son actif plus d’une quarantaine de coopératives. Certaines coopératives en cours de constitution continuent de frapper à sa porte.

Par son engagement, la FECOMCI se donne également pour mission de rassembler les coopératives minières de toutes les régions de la Côte d’Ivoire afin de bâtir un secteur minier artisanal moderne, compétitif, responsable et pleinement engagé dans le développement durable de la nation et dont les fruits de son travail sont profitables à tous.

Benoît Kadjo

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