Niger : Les autorités annoncent le retrait de leur pays de la CPI

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Le gouvernement nigérien a décidé de passer à l’acte après avoir annoncé, il y a 8 mois son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Une décision qui marque une nouvelle étape dans la redéfinition de ses relations avec les institutions internationales. Les autorités militaires de Niamey justifient ce choix par leur volonté de renforcer la souveraineté nationale et de privilégier les mécanismes africains de règlement des différends et de justice.

Dans une déclaration officielle, les dirigeants nigériens ont estimé que la CPI applique une justice « sélective » qui cible principalement les pays africains. Selon eux, cette juridiction n’a pas toujours su répondre aux attentes des États membres en matière d’équité et d’impartialité.

Cette décision intervient dans un contexte de repositionnement diplomatique du Niger, qui a déjà pris plusieurs mesures visant à réévaluer ses partenariats internationaux. Les autorités affirment que le pays demeure engagé dans la lutte contre l’impunité et le respect des droits humains, mais souhaitent désormais renforcer les capacités de son système judiciaire national.

Le retrait du Niger en tant que pays de de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) (organisation qui a décidé de se démarquer de la CEDEAO),  de la CPI suscite toutefois des réactions contrastées. Les organisations de défense des droits humains craignent que cette décision ne réduise les possibilités de poursuites pour les crimes les plus graves lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure d’agir. À l’inverse, certains observateurs y voient l’expression d’une volonté croissante de plusieurs États africains de reprendre le contrôle de leurs affaires judiciaires et politiques.

Conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait d’un État de la CPI ne prend effet qu’après un délai déterminé suivant la notification officielle adressée aux Nations unies. Et la notificaton ayant été fait le lundi 18 juin 2026, Il faudra attendre jusqu’au 18 juin 2027 pour que cette décision soit actée. D’ici là, le Niger reste tenu de respecter les obligations découlant de son adhésion à la Cour.

Il faut noter que cette annonce relance le débat sur la place de la CPI dans l’architecture judiciaire internationale et sur l’équilibre à trouver entre justice internationale et souveraineté des États.

Au pouvoir au Niger par un coup d’Etat, depuis 2023, les autorités militaires regroupées au sein du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), détiennent encore le président déchu, Mohamed Bazou. Le pays est actuellement dirigé par le général d’Armée Abdourahamane Tian.

Ben Amon

Cour Pénal InternationaleCPINiger