Côte d’Ivoire : La FECOMCI appelle l’Etat à considérer les coopératives minières comme un rempart contre l’orpaillage illégal

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L’orpaillage illégal constitue aujourd’hui l’un des principaux défis du secteur minier en Côte d’Ivoire. Au-delà des importantes pertes économiques qu’il occasionne pour l’État, ce phénomène entraîne une dégradation préoccupante de l’environnement, fragilise les communautés rurales et compromet les objectifs de développement durable. Face à cette menace, la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) présente les coopératives minières comme des acteurs de premier plan pour promouvoir une exploitation artisanale responsable et lutter efficacement contre les activités clandestines.

Dans un document qu’elle vient de produire à l’attention des médias, la FECOMCI présidée par Koné Seydou, pour qui les coopératives minières sont des organisations regroupant des femmes et des hommes issus des communautés des zones d’exploitation, définit ses entités comme des organisations communautaires fondées sur les valeurs de solidarité, de responsabilité et de gouvernance participative.

Pour la FECOMCI, l’Etat ivoirien doit pouvoir porter plus d’attention à l’égard des coopératives minières car « elles permettent aux exploitants artisanaux d’exercer leurs activités dans un cadre légal et organisé, conformément à la réglementation en vigueur. » Alors qu’à l’inverse, précise-t-elle « l’orpaillage illégal se caractérise par toute exploitation minière réalisée sans autorisation des autorités compétentes. » Et cette pratique qui échappe aux mécanismes de contrôle de l’État, favorise l’exploitation anarchique des ressources naturelles et expose les populations à de nombreux risques environnementaux, sanitaires et sociaux.

Elle revient sur les conséquences de l’exploitation clandestine ou illégale qui sont aujourd’hui plus que visibles. « Les terres agricoles sont dégradées, les sols perdent leur fertilité, les forêts disparaissent progressivement et les cours d’eau sont contaminés par les produits utilisés dans le traitement du minerai. Ces atteintes affectent directement les moyens de subsistance des populations rurales, dont l’agriculture demeure la principale activité économique », souligne la FECOMCI.

Pour cette fédération qui a vu le jour en mars dernier, les coopératives minières constituent une force pour mettre fin à l’hémorragie que provoque l’orpaillage illégal ou clandestin. « Parce qu’elles sont implantées au cœur des communautés, les coopératives minières disposent d’un avantage majeur dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Elles connaissent les réalités du terrain, identifient rapidement les mouvements d’exploitants clandestins et entretiennent un dialogue permanent avec les populations locales », explique la FECOMCI. Pour qui la proximité de des coopératives minières avec les populations locales « leur permet d’assurer une veille communautaire efficace et de sensibiliser les habitants aux dangers liés à l’exploitation illicite des ressources minières. »

Entre autres raisons qui doivent amener l’Etat de Côte d’Ivoire, selon la FECOMCI, à faire confiance aux coopératives minières, c’est que ces dernières « jouent également un rôle essentiel dans la protection du patrimoine naturel. Elles participent activement à la préservation des terres agricoles, des forêts et des ressources en eau, tout en encourageant des pratiques minières plus responsables et respectueuses de l’environnement. »

Selon le président Koné Seydou et sa fédération, l’action des coopératives contribue à concilier développement économique, préservation des écosystèmes et bien-être des communautés.

Le président de la FECOMCI et son secrétaire général.

La FECOMCI a également insisté sur la constitution de façon légale des coopératives artisanales minières. « L’obtention d’une autorisation officielle confère par ailleurs aux coopératives une responsabilité particulière. Elles sont tenues de respecter les cahiers des charges définis par l’administration, d’assurer la traçabilité de la production, de rendre compte régulièrement aux autorités compétentes et de veiller au respect des normes environnementales et sociales », fait-t-elle savoir.

Evidemment que pour cette fédération, en permettant à ces coopératives d’être en règle, c’est surtout l’Etat ivoirien qui gagne. « Cette responsabilité renforce la transparence du secteur artisanal et facilite le contrôle des activités minières par l’État », affirme-t-elle.

En somme pour la FECOMCI, le secteur minier, surtout aurifère ivoirien ne peut se porter mieux que si l’on crée une réelle collaboration et coopération entre les coopératives et les institutions publiques, les collectivités territoriales, les services techniques de l’État ainsi que les forces de sécurité. « Cette coopération permet d’améliorer la surveillance des sites, de renforcer les mécanismes de prévention et de mieux protéger les ressources nationales contre les réseaux d’exploitation illégale », rassure-t-elle.

La Fédération des Coopératives Minières de Côte d’Ivoire (FECOMICI) à travers ce document réaffirme son engagement à accompagner les coopératives dans la professionnalisation de leurs activités, la promotion d’une exploitation minière responsable et la défense des intérêts des communautés locales.

Elle a dit demeuré convaincue que la structuration des exploitants constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement l’orpaillage illégal et instaurer une gouvernance minière fondée sur la légalité, la transparence et le développement durable.

« L’avenir du secteur minier artisanal en Côte d’Ivoire repose sur une mobilisation collective où les coopératives, les populations, les autorités administratives et les partenaires techniques travaillent de concert pour faire de l’exploitation artisanale une activité créatrice de richesses, respectueuse de l’environnement et bénéfique pour les générations présentes et futures », a relevé le FECOM.

Si l’Etat ivoirien veut vraiment mettre de l’ordre dans ce secteur qui aujourd’hui est fortement gangréné par l’orpaillage illégal ou clandestin qui agit fortement et négativement sur l’environnement et l’économie ivoirienne, elle doit pouvoir prendre en compte les propositions et doléances faites par la FECOMCI qui veut aider les autorités ivoiriennes à faire sortir l’exploitation minière artisanale de la clandestinité pour en faire une activité légale et un domaine pourvoyeur d’emplois contrôlés par les gouvernants.

Benoît Kadjo

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