Après plus de six semaines de cours intense, la MasterClass ‘‘en journalisme politique’’, initiée par l’Autorité Nationale de la Presse (ANP), a pris définitivement fin le mercredi 17 septembre 2025 à la Maison de la presse d’Abidjan (MPA) dans la commune du Plateau avec la remise de certificats. Bien avant cette cérémonie solennelle, les 30 auditeurs et ceux de leurs confrères formés aux grands genres journalistiques ont eu droit à un panel animé par deux experts (Dan Moussa et Matar Sall du Sénégal) pour encore plus d’éclairage. Ce panel a eu pour thème : « Couverture des élections en toute indépendance : Entre pressions politiques, contraintes économiques, exigences déontologiques et responsabilité sociale. »
La Maison de la presse d’Abidjan, dans la commune du Plateau était le mercredi 17 septembre 2025 dans une ambiance festive. En effet, les auditeurs du monde des médias y recevaient leurs parchemins après plusieurs semaines de formation pour certains en spécialité en journalisme et d’autres en grands genres. Le ministre de tutelle, Amadou Coulibaly, qui ne voulait pas se faire conter, malgré un agenda chargé, y était pour une brève intervention et a surtout salué le président de l’Autorité Nationale de la Presse (ANP) Samba Koné, pour sa clairvoyance et toute sa contribution au monde de la presse sans oublier les partenaires associés.
Poursuivant, le porte-parole du gouvernement ivoirien a invité les journalistes à faire preuve de professionnalisme surtout en cette période sensible. « Vous avez le devoir de publier des informations équilibrées, impartiales, honnêtes et fiables. Car, l’information est un pilier fondamental de la démocratie et du vivre ensemble », a-t-il souligné. Et d’indiquer en outre qu’une information mal utilisée, devient redoutable pour la cohésion sociale et la paix. « C’est pour cela, nous parlons de responsabilité. Parce que la liberté de penser, la liberté d’expression s’accompagnent aussi de la notion de responsabilité », a ajouté le ministre Amadou Coulibaly, avant d’exprimer sa fierté pour le progrès accomplit par cette presse.
« Nous sommes fiers de la presse aujourd’hui pour ceux qui savent d’où on vient. Fiers de cette presse qui a pris conscience de sa responsabilité du maintien d’un climat de paix et de cohésion. C’est-à-dire cette presse qui a arrêté de se cacher derrière les acteurs politiques en transmettant ce que les acteurs politiques disent avec responsabilité », s’est-il réjoui. « Chers récipiendaires, la fin de la formation qualifiante marque le début d’une responsabilité, celle de s’appliquer et de servir. Soyez des citoyens engagés, des professionnels intègres, des journalistes responsables. Vos actions soient guidées par l’honneur, l’humilité et la rigueur », a indiqué le premier responsable de la Communication en Côte d’Ivoire à l’endroit des auditeurs.
« Ce genre de cérémonies ne sont pas que du folklore de récompenser des personnes qui ont suivi un cursus. Cette récompense rentre dans la dynamique de reconnaître les efforts qui sont fournis par un apprenant », a d’emblée souligné l’ambassadeur Claude Sahy, parrain de la cérémonie. Et d’ajouter que la société dans laquelle vit le monde, se caractérise par le principe de limitation. Et que c’est sous ce principe que les choses se mettent en place dans la vie. Tout en notant qu’aucune excellence ne peut se réaliser sans référence. « Quand on veut être excellent, on copie le modèle, on copie le repère c’est-à-dire la référence », a-t-il conseillé.
Et d’ajouter que « en organisant les cérémonies de récompense, de distinction, l’institution (ANP) qui l’organise, c’est de vous permettre de comprendre que vous aussi, avez le devoir de regarder les devanciers et prendre en eux ce qui est bien à l’effet de l’harmoniser avec votre personnalité. Des devanciers qui ont fait de leur métier, de leur profession un sacerdoce en choisissant de se mettre à la disposition de la communauté afin de mener le combat de l’immortalité. » Le parrain a par ailleurs, invité les récipiendaires à accorder du respect à leurs maîtres et formateurs. Car, dira-t-il que les autres qui viendront après vous, vous témoigneront aussi leur respect.
Tout en recommandant à ses filleuls d’être ambitieux. Pour le parrain, rien de grand ne peut se faire sans ambition. « L’ambition induit une vision, un cap et, tu te donnes les moyens de réaliser et d’atteindre ce cap », a-t-il mentionné. Faites-en sorte, a-t-il préconisé, que parmi vous qu’il ait des Samba Koné, Agnès Kraidy, Raphaël Lakpé… c’est-à-dire des exemples afin que dans la chaîne de transmission, vous puissiez inspirer à votre tour la génération future. Pour Claude Sahy, le travail de l’immortalité commence par ces distinctions.
Pour le président de l’ANP, l’aspiration de son institution c’est de réguler des entreprises de presse performantes. « Des entreprises qui, tirant profit et leçons des dérives qui riment avec les réseaux sociaux, répondent effectivement aux besoins des citoyens en matière d’information. », a ajouté le président Samba Koné. Il a expliqué que c’est ce désir qui a conduit son équipe et lui à mettre sur pied ce programme de spécialisation des journalistes, dénommé l’ANP Academy Master Class.
Également, insistera-t-il, en ces périodes d’élections, il reviendra au journaliste, d’user de sa perspicacité, de rigueur, d’honnêteté et de professionnalisme pour faire la différence dans sa production, de marquer positivement le lecteur sur le print ou en ligne. « La spécialisation ne se limite pas au parchemin que vous allez recevoir tout à l’heure. Vous devez continuer à apprendre, à vous tenir au fait du domaine que vous avez choisi. Car, le journaliste spécialisé sait de quoi il parle dans le domaine qui est le sien. Autrement, il est capable de traiter, analyser les faits avec rigueur et produire une information de qualité, fiable et contextualisée », s’est-il adressé aux auditeurs.
A l’adresse du parrain, la déléguée dira ceci : « votre passion pour le journalisme est née d’un désir profond. Celui de parler à la jeunesse ivoirienne et l’élever vers plus de conscience et de citoyenneté. » Mieux, « vous êtes la preuve vivante qu’un journaliste peut marquer son époque et bâtir des ponts entre le peuple et la vérité », a-t-elle ajouté. Pour Dr Dan Moussa, l’un des panélistes, la couverture sous-tend une couverture nationale et, la pression selon lui, est celle de respecter l’éthique et la déontologie. En ce qui concerne les contraintes financières, il dira qu’une élection se prépare depuis cinq ans en prenant les dispositions et en étant bien organisé.
Et éviter d’être un journaliste embarqué. C’est-à-dire être dans les campagnes des états-majors des équipes de campagne où, des amitiés peuvent se lier et influencer ainsi le travail du journaliste. Raison pour laquelle, il préconise aux médias une mutualisation des forces pour couvrir et ainsi atténuer la pression financière. Il faut noter que cette cérémonie de clôture a mobilisé des personnalités de renom dont, l’ancienne ministre de l’information Danielle Boni Claverie, Raphaël Lakpé, Venance Konan, Agnès Kraidy… et les invités des récipiendaires.
Félix Yao