Depuis la semaine passée, Donald Trump, actuel président américain, propose pour accéder aux États-Unis ce qu’il conviendrait d’appeler désormais la « Gold card », ou la carte dorée. Une nouvelle initiative d’immigration ultra-sélective lancée par l’administration Trump, destinée à offrir à des étrangers riches et hautement qualifiés un accès accéléré à la résidence permanente aux USA avec une possibilité d’acquérir la citoyenneté américaine.
Inspirée en partie des programmes d’investissement « immigrant investor visas » existants, celle-ci porte une logique beaucoup plus directe de paiement au gouvernement américain en échange d’un traitement d’immigration accéléré. Ainsi, pour un individu qui souhaite explorer cette nouvelle voie, le montant se chiffre à un million de dollars en plus du frais de dossier non remboursable d’environ 15.000 dollars.
Et de deux millions de dollars si c’est une entreprise qui sponsorise un employé étranger. A cela, il y a une autre version dite « exclusive », appelée « Platinum Card » à cinq millions de dollars assortie d’avantages comme la possibilité de vivre jusqu’à 270 jours/an sans être soumis à l’impôt américain sur les revenus étrangers.
Ce qu’il faut souligner par ailleurs, est que la Gold Card ne remplace pas immédiatement toutes les autres catégories de visas précédents. Ici, à la différence de l’ancienne, elle offre un traitement très rapide pour obtenir la résidence permanente (green card) pour ceux qui paient, sans exiger d’investissement dans des projets créateurs d’emplois contrairement à l’ancien programme.
L’autre caractéristique de cette proposition du président Trump est qu’elle est administrée sous le décret présidentiel et gérée par le Département du Commerce, en coordination avec l’Etat et l’Intérieur.
L’objectif visé par cette nouvelle politique d’immigration de cette « Gold Card » s’inscrit à n’en point douter dans l’idée de limiter l’immigration jugée « inutile » pour faire la part belle à celle dite utile. « Si vous êtes riche, si vous apportez de l’argent, vous êtes les bienvenus », est la nouvelle vision qu’incarne la Gold Card.
En d’autres termes, finie l’immigration irrégulière de migrants pauvres, de demandeurs d’asile, de regroupement familial etc. La nouvelle sert à trier l’immigration par l’argent, et non plus par le besoin humanitaire. Créant ainsi une immigration à deux vitesses : l’immigration des pauvres, qui équivaut à toutes sortes de suspicion tandis que celle des riches, déroule désormais le tapis rouge.
Félix Yao