Côte d’Ivoire : des populations se prononcent sur les défis après 65 d’indépendance

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Le groupe de presse GOVCom éditeur des journaux justeinfos.net et ledemocrateplus.com a tendu le micro aux populations ivoiriennes dans le cadre de la célébration des 65 ans d’indépendance de leur pays en vue de recueillir leur avis sur la question : « Après 65 ans d’indépendance, quels sont, selon vous, les nouveaux défis pour la Côte d’Ivoire et son Peuple ? »

 

 

M. Bawa : « Je souhaite que nous formions également sur place nos intellectuels avec les meilleures écoles dont nous disposons»

65 ans d’indépendance, nous constatons que la nation ivoirienne est en train de se mettre en place dans les périmètres dans lesquels la colonisation nous a déposés. Elle se met en place graduellement du nord au sud. Même si beaucoup de choses restent à faire. Ce que nous apprécions, c’est qu’hier, les fonctionnaires affectés dans certaines localités du pays, certains refusaient d’y aller. Aujourd’hui, quel que soit l’endroit, ils y vont parce qu’ils se sentent chez eux partout en Côte d’Ivoire.

Cela signifie que l’entité Côte d’Ivoire est en train de se mettre graduellement en place. Également, je constate que des unités ou usines de transformation se mettent progressivement en place. C’est-à-dire qu’aujourd’hui mieux qu’hier, nous sommes capables de transformer nos matières premières sur place (même s’il reste encore du chemin à parcourir).

Il faut le faire pour le cacao, la noix de cajou et surtout le coton. Et remettre en marche certaines usines comme celle de Gonfreville à Bouaké afin de passer dans un avenir proche de pays exportateur à un Etat transformateur. On constate aussi que des infrastructures routières se créent et celles existantes s’améliorent. Nous devons aller au-delà de la colonisation dont l’action se résumait à l’exportation des matières premières afin de briser cet élan et devenir un pays industriel.

Je souhaite que nous formions également sur place nos intellectuels avec les meilleures écoles dont nous disposons comme l’école polytechnique de Yamoussoukro et les universités publiques que beaucoup envient aujourd’hui. Du moins la majorité. C’est-à-dire envoyer nos élèves moyens à l’extérieur et, ne plus octroyer des bourses aux meilleurs de nos élèves qui, après leur formation dans ces pays, choisissent pour certains, de servir ceux-ci au détriment de leur pays d’origine.

A défaut de revenir pour certains, l’Etat de Côte d’Ivoire doit leur demander des compensations parce que c’est lui qui les a envoyés. Même s’ils bénéficient de bourses de l’extérieur, toujours est-il qu’au début, ils ont bénéficié de l’apport de l’Etat dans leur cursus scolaire. Des pertes énormes pour la nation.

 

Touré Yacouba (couturier) :

« Qu’on aille au-delà de ce que nous voyons actuellement avec des unités de transformation pour résorber le chômage »

Ce que j’apprécie avec ces 65 ans, ce sont les infrastructures notamment les routes, les ponts et les nombreux échangeurs qui fluidifient la circulation. Je sens un changement qualitatif du pays dans son ensemble. Mon souhait qu’on aille au-delà de ce que nous voyons actuellement avec des unités de transformation pour résorber le chômage afin d’imprimer un développement encore plus poussé.

Par contre, ce que je déteste, c’est les grandes voies sur lesquelles il est interdit de commercer et, malgré cela, certains continuent de braver l’autorité de l’Etat. Alors que pour un pays qui se développe, il est impérieux de se départir de certains comportements qui ne font pas toujours bon ménage avec les nouveaux axes de développement.

Mais, je trouve que les autorités peuvent, sur certaines voies secondaires des quartiers populaires, laisser les vendeurs ambulants se débrouiller. J’estime que les personnalités n’y viennent pas souvent. Ainsi avec le temps, on pourra tout mettre à niveau. Si la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur, il risque d’avoir des grincements de dents. Aux agents des mairies de faire preuve d’indulgence à certains égards.

 

 Dao Abou (dans la broderie) :

« Le président fasse en sorte que les soins soient supportables par la population »

Tout ce que je pense, le chef de l’État dans son intervention a tout dit. Il a promis d’aider les travailleurs en général. Je souhaite qu’il voie le cas de ceux qui sont dans l’artisanat. Etant dans la broderie, si le président à travers le gouvernement se penchait sur le cas des artisans que nous sommes, cela pourrait nous permettre de nous développer.

Parce que nos moyens pour se développer sont très limités. Autre chose, on constate que l’ensemble du pays est en chantier. Cela, pas seulement dans la capitale économique mais un peu partout : écoles, universités, routes etc. La Côte d’Ivoire est fournie aujourd’hui en établissement d’enseignement et hôpitaux avec beaucoup de centres de dialyse. Le président fasse en sorte que les coûts des soins soient supportables par la population.

 

Amadou Bayaki (2è adjoint au Maire de Grand-Bassam) :

« Pour moi, les nouveaux défis pour le peuple ivoirien, c’est de maintenir l’unité, la paix et le bonheur des Ivoiriens »

Nous sommes heureux de célébrer les 65 ans de l’indépendance de notre pays. Pour moi, les nouveaux défis pour le peuple ivoirien, c’est de maintenir l’unité, la paix et le bonheur des Ivoiriens. Le pouvoir en place et toutes les couches sont partants pour relever ce défi.

 

Pasteur Kouakou Yao Désiré (Président de l’Association des pasteurs évangéliques de Grand-Bassam) :

« le défi qui se présente à la Côte d’Ivoire, c’est celui de la paix, l’inclusion, en un mot le rassemblement de tous les Ivoiriens de tout bord… »

Je dirai que le défi qui se présente à la Côte d’Ivoire, c’est celui de la paix, l’inclusion, en un mot le rassemblement de tous les Ivoiriens de tout bord, de toute confession religieuse et de toutes les ethnies. Notre prière est qu’il y ait un ivoirien nouveau, pas celui qui va se caractériser par le nord, le sud, l’ouest ou l’est. Qu’on parle en termes d’Ivoirien. En un mot, qu’il y ait un brassage ethnique.

 

Gnako Dago (Chef de communauté) :

« Nous souhaitons un développement dans l’ensemble du pays »

On vient de fêter les 65 ans de l’indépendance de notre pays, la Côte d’Ivoire. À ce niveau, il y a lieu de faire un bilan pour voir les perspectives. Au regard de certains pays africains, le pays s’est développé comme il le pouvait. Nous ne sommes pas en arrière-plan. Nous aspirons à mieux, un développement harmonieux. Nous souhaitons un développement dans l’ensemble du pays. On observe encore quelques disparités.

 

Pasteur Bly épouse Simbaya (secrétaire générale de la PCA de Cafer-Sud-Comoé) :

« Nous devons montrer que nous sommes dorénavant un peuple mature »

Selon moi le défi pour la Côte d’Ivoire est de garder cet aspect de paix. La paix qui a été inculquée par le père de la nation Félix Houphouët Boigny. Après cette belle fête, pour les élections à venir, nous devons sentir cette paix. Nous devons montrer que nous sommes dorénavant un peuple mature.

Propos recueillis par Félix Kofffi et Hipson Kanon

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