Kassi épouse Angboman Aka Blandine (Présidente de la Coopérative Scifedci) : « Les efforts du gouvernement n’arrivent pas à bon port » Featured

28 Sep 2020
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Mme Kassi épouse Angboman Aka Blandine, présidente de la Scifiedci. Mme Kassi épouse Angboman Aka Blandine, présidente de la Scifiedci. Photo: justeinfos.net

Mme Kassi épouse Angboman Aka Blandine est la présidente de la Société coopérative ivoirienne des femmes pour le développement en Côte d’Ivoire (Scifedci). Elle était présente du 24 au 26 septembre 2020 au Forum économique des agriculteurs des coopératives de Côte d’Ivoire (Fecoopci) qui a eu lieu dans la capitale politique ivoirienne, à Yamoussoukro. A cette occasion, elle a tenu à lancer des appels au chef de l’Etat Alassane Ouattara sur l’équipement des femmes en zone rurale. Aussi a-t-elle invités les femmes vivant dans l’oisiveté dans les grandes villes à les rejoindre dans les villages parce que selon elle, le premier mari de la femme, c’est son travail et aussi parce que la terre nourrit son homme.

 

 

Vous êtes présente à cette deuxième édition du FECOOPCI, quel message important avez-vous à lancer ?   

Nous travaillons dans 3 régions. La Région du Sud Comoé, la Région des Lagunes et la Région du Moronou. Nous faisons la production, la transformation et la distribution des produits locaux. Aujourd’hui, nous sommes à Yamoussoukro, pour le Forum économique des agriculteurs des coopératives de Côte d’Ivoire. Je lance un appel pour de l’aide aux coopérateurs. C’est vrai que le gouvernement fait des efforts mais cela n’arrive pas à bon port. L’aide du gouvernement n’arrive pas dans les villages. Notre souci aujourd’hui, c’est d’élargir nos champs d’action par la mécanisation, les tracteurs et l’industrialisation. Parce qu’on est fatigué de travailler avec la machette. Avec la machette on ne peut pas faire de grandes surfaces. Nous demandons au chef de l’Etat de nous aider à faire de grands champs : 100 ha, 200 ha pour nous permettre d’alimenter nos marchés ivoiriens. Voilà mon appel. Et en plus des tracteurs pour agrandir les champs, pour la transformation, nous voulons des chaînes de machines dans toutes les régions pour faire du bon attiéké, pour faire de l’huile rouge... Les femmes sont capables de faire tout cela. Mais sans machine, on ne peut pas bien travailler. Pour les machines, on peut commencer par une, deux ou trois régions ainsi de suite pendant 5 ans, toutes les régions seront équipées et les femmes pourront bien travailler. Et je voudrais la prise en charge des femmes en milieu rural. Ce sont elles qui produisent qui font tout, mais elles sont les plus pauvres. Que le chef de l’Etat aide ces mamans à se prendre en charge véritablement.

Votre coopérative produit quoi exactement ?

Nous produisons du manioc, du maïs, de l’arachide, du gombo, de l’aubergine voire, tout ce qui est vivrier. Et nous transformons tout ce que nous produisons. Ce sont des  produits bio que nous transformons pour vendre sur le marché.

Comment se fait l’évacuation des produits à votre niveau ?

L’une de nos difficultés, c’est que nous n’avons pas de camions. Aucune coopérative agricole en Côte d’Ivoire n’a de camion. On travaille avec les transporteurs. Avec le vivrier frais, si le camion est en panne sur la route, tout se gâte. Donc particulièrement en ce qui nous concerne, nous n’avons pas de camion. Que l’Etat nous fasse confiance, comme il nous fait confiance déjà en nous donnant quelques camions. Nous allons travailler avec ça et nous allons rembourser.

On dit aussi que vous attendez tout de l’Etat. Est-ce qu’il n’y a pas à ce niveau un effort à faire de votre part ?

Nous faisons beaucoup d’efforts. Mais il faut que l’Etat sache que l’effort qu’il fait n’arrive pas dans les champs, dans les villages, dans les campements. Tout est suspendu dans les grandes villes. Celles mêmes qui travaillent, on ne les voit pas. Elles sont les plus pauvres. Et celles qui viennent payer pour aller revendre sont les plus riches. Donc que l’Etat essaie de voir la manière de distribuer les aides. Que les villages soient servis d’abord avant les grandes villes. Voilà la demande que le voudrais formuler.

En tant que femmes, quel message lancez-vous aux autres femmes qui sont parfois en ville et qui ne veulent rien faire. Alors que vous dites que la terre nourrit son homme ?

Merci beaucoup. Je lance aussi l’appel à mes sœurs qui sont à Abidjan, dans les grandes villes et qui n’ont rien à faire. Nous leur demandons de nous rejoindre en milieu rural. Nous avons la terre chez nous, nous avons tout chez nous. Il suffit d’un peu d’effort pour se prendre en charge. Parce que le premier mari même de la femme, c’est son travail. Si tu n’as pas de travail, qui va t’épouser ? Il faut qu’on sache que désormais, c’est nous-mêmes les femmes qui vont doter les hommes. On est les plus nombreuses. Alors, il faut qu’on se mette au travail. Quel que soit ce que tu es, tu peux toujours faire quelque chose. Si tu ne veux pas aller au champ, tu peux vendre, tu peux faire au moins, un petit quelque chose pour te soutenir et soutenir ta petite famille. Chaque femme doit être autonome. C’est très important pour l’épanouissement même de la femme.   

Propos recueillis par Benoît Kadjo

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