Côte d’Ivoire : Réaction du PCRCI suite au discours du Alassane Ouattara (Acte2) / « Le combat politique immédiat à l’ordre du jour est le combat contre l’autocratie… » Featured

13 Mar 2020
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Achy Ekissi,Secrétaire général du Parti Communiste révolutionnaire de Côte d'Ivoire. Achy Ekissi,Secrétaire général du Parti Communiste révolutionnaire de Côte d'Ivoire.

Dans une déclaration précédente datée du 7 mars 2020, le PCRCI indiquait que l’annonce du retrait de Monsieur Ouattara à l’élection présidentielle d’octobre 2020, retrait présenté par ses laudateurs comme une marque d’amour pour la Côte d’Ivoire et de leçon de démocratie, était un non évènement. En effet l’article 55 de la loi fondamentale ne lui permettait pas déjà de briguer un 3ème mandat. Au demeurant, il ne lui appartient pas de « transmettre » le pouvoir dont le peuple souverain est détenteur exclusif, à qui que ce soit. Une telle attitude de Monsieur Ouattara confirme le caractère autocratique de son pouvoir qui n’a aucun égard pour le peuple et qui bafoue allégrement les lois de la République.

L’acte 2 de notre déclaration est consacré au projet de modification de la Constitution actuelle et à l’adoption du code électoral. Pour rappel, Monsieur Ouattara a imposé au peuple de Côte d’Ivoire la Constitution actuelle dite de la 3ème République par le tripatouillage du scrutin. Cette Constitution rejetée par l’opposition et boycottée par plus de 80% du corps électoral, légalise un pouvoir autocratique, car elle consacre la quasi soumission du pouvoir judiciaire à l’exécutif, celle du sénat à plus de 33% et autorise sans l’accord du peuple souverain sa modification dans ses aspects qui fondent la Rrépublique, en particulier les règles qui régissent les 3 pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire).

C’est dans cette logique que Monsieur Alassane Ouattara a décidé de modifier une Constitution qui date de moins de 4 ans, de faire adopter de nouvelles règles qui régissent l’exécutif, le parlementaire et le judiciaire sans s’en référer au peuple souverain. Un tel empressement vise la confiscation totale du pouvoir au profit du RHDP pour encore plusieurs décennies. Ainsi Monsieur Ouattara propose-t-il de supprimer le ticket président/vice-président. Désormais seul le président est élu. Quant au vice-président qui va lui succéder en cas de démission, d’empêchement absolu ou de décès, il sera nommé par le président élu. Telle est la nouvelle trouvaille du pouvoir RHDP pour obliger la Côte d’Ivoire à se soumettre au choix personnel du président indisponible pour assurer la continuité de la gestion de l’Etat.

Monsieur Ouattara pour se justifier, prétend que la nomination par lui de Monsieur Daniel Duncan comme vice-président lui ayant donné satisfaction, il faut pérenniser cette expérience. Nous sommes donc face à un autocrate qui considère sa satisfaction personnelle comme la satisfaction du peuple. Si d’aventure, pour le peuple de Côte d’Ivoire, le RHDP remportait l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 par la fraude électorale, cette disposition ouvre légalement la voie à Monsieur Ouattara de rester au pouvoir entant que vice-président après avoir déclaré qu’il se retire. Il pourrait, à la Poutine, redevenir président en cas d’indisponibilité du président élu, contournant ainsi l’article 55 qui interdit plus de deux mandats.

 

Les modifications proposées relatives au pouvoir législatif imposeront à la Côte d’Ivoire un parlement dont le mandat peut continuer ad vitam aeternam tant que les conditions d’élections du nouveau parlement ne seront pas réunies. Le parlement actuel élu par défaut, peut donc accompagner durant plusieurs années encore le nouveau pouvoir RHDP élu par la fraude électorale. Les modifications relatives au pouvoir judicaire servent à annihiler les quelques espaces « d’indépendance » de ce pouvoir face à l’exécutif. Il n’y a plus d’institutions supérieures au-dessus des différentes juridictions. La cour de cassation, le conseil d’Etat, la cour des comptes, rendent directement compte à l’exécutif. C’est encore une volonté manifeste de Ouattara de renforcer le caractère autocratique du pouvoir exécutif.

Ainsi le constat non équivoque que le peuple ivoirien observe est que Monsieur Ouattara pour le futur de la Côte d’Ivoire ne veut laisser aucune place au peuple souverain ; il veut une soumission totale de tous les pouvoirs à l’exécutif. Il a donc entrepris la mise en place méthodique de la confiscation du pouvoir par le RHDP-RDR pour des décennies afin de protéger son clan contre d’éventuelles poursuites judiciaires pour malversations et détournements de deniers publics. Le pouvoir Ouattara veut donc s’asseoir sur une Constitution foncièrement antidémocratique pour s’assurer de tout effet de surprise.

La mise en place d’une Commission électorale déséquilibrée, l’adoption prochaine du code électoral anti- démocratique et favorable également au pouvoir, achèveront l’organisation de la confiscation du pouvoir par le RHDP-RDR. 

Renforcement du caractère autocratique du pouvoir des hauts bourgeois au service des puissances impérialistes, organisation de la confiscation d’un pouvoir d’Etat pour des décennies, sont les dangers qui guettent présentement la Côte d’ivoire. La lutte contre un tel pouvoir devient une exigence pressante du peuple dans le processus de libération nationale de la Côte d’Ivoire du joug de l’impérialisme en particulier français.

C’est pourquoi le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire indique au Peuple de Côte d’Ivoire que le combat politique immédiat à l’ordre du jour est le combat contre l’autocratie support du pouvoir néocolonial, c’est le combat pour la conquête d’une République démocratique, populaire et indépendante. Le combat pour des élections transparentes, libres et démocratiques ne peut se concevoir et n’a de sens que dans le cadre global de ce combat pour la conquête de cette République.

Le Parti Communiste Révolutionnaire appelle donc toutes les forces de progrès à engager sans plus tarder ce combat en commençant par dire non :

  • A la modification de la Constitution,
  • Au projet du code électoral antidémocratique,
  • A la Commission électorale soumise au RHDP,
  • A la CNI payante.

Abidjan le 11 mars 2020

Achy Ekissi

Secrétaire Général

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