Gnenye Adou Bernard (Directeur général de l’OCPV) : « Le couvre-feu réduit la rotation dans l’approvisionnement des marchés » Featured

03 Mai 2020
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Gnenye Adou Bernard, directeur général de l'OCPV. Gnenye Adou Bernard, directeur général de l'OCPV.

Le directeur général de l’Office d’aide à la Commercialisation des Produits Vivriers de Côte d’Ivoire (OCPV), GNENYE Adou Bernard, a dévoilé, dans cet entretien qu’il a accordé à Justeinfos.net, son plan de sécurité alimentaire pour faire face au Coronavirus (Covid 19).

Quelle stratégie avez-vous mis en place pour l’approvisionnement en produit vivrier des marchés en Côte d’Ivoire ?

 La Côte d’Ivoire fait face, à l’instar des autres pays, à une crise alimentaire due au Coronavirus (Covid19). Face à cette situation, des mesures ont été prises par l’Etat pour assurer la santé et protéger les Ivoiriens. Ces mesures prises ont un impact sur le secteur du vivrier notamment le secteur de la collecte du groupage et de l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires. Une des mesures prises par exemple, est le couvre-feu. Avec le couvre-feu, les camions des produits vivriers ne peuvent plus rouler pendant la nuit. C’est à partir de 6h qu’ils prennent la route et arrivent dans les marchés d’approvisionnement à partir de 9h. Le temps de les décharger au niveau des marchés d’approvisionnement que sont les marchés de Yopougon Siporex, le marché d’Adjamé, le marché d’Abobo, il est déjà 15h. Il est donc difficile d’approvisionner les marchés secondaires, c'est-à-dire, les marchés dans les quartiers. Quand le consommateur arrive au marché le matin, il ne trouve que les aliments de la veille. Cette perception de manque sur les marchés fait que les prix des denrées augmentent. Par rapport à cette situation, dans la matrice que nous avons élaborée, nous avons demandé qu’une dérogation soit prise pour les transporteurs des produits vivriers afin de leur permettre de rouler la nuit comme il le faisait par le passé. Autrement dit, ils peuvent même être escortés par les forces de l’ordre. Nous avions aussi proposé l’organisation des convois  sécurisés à partir des grandes zones de productions. Vous voyez que les marchés sont fermés à partir de 14h et 15h. Lorsqu’un camion arrive vers les 14h30mn dans le marché, le temps du déchargement coïncide à la fermeture du marché à 15h. Le propriétaire demande ainsi que son camion soit stoppé pour être déchargé le lendemain. Le couvre-feu allonge la durée du trajet, allonge le temps de location des véhicules et le coût de location du transport augmente. Au regard de ce que nous venons de dire, nous souhaiterions que dans le cadre du plan économique, social et humanitaire, pour ce qui concerne le programme d’urgence du secteur de l’Agriculture que le gouvernement apporte un appui financier aux propriétaires des marchés, aux commerçantes de produit vivrier pour ainsi renforcer leur fonds de commerce parce qu’avec le coût du transport qui augmente, c’est un manque à gagner pour ces derniers. Une autre mesure est le respect de la distanciation. Vous s’avez que les marchés sont de grandes zones d’affluence donc respecter la distanciation est difficile dans ces lieux. Nous avions proposé que les enfants qui sont des porteurs sains de cette maladie n’aient plus accès aux marchés. Nous avions également proposé qu’il ait une rotation entre les commerçants. Par exemple, si nous avons 300 commerçants dans un marché, la moitié des commerçants viendrait faire leur commerce et deux jours après l’autre moitié prendra le relais. Cela permet de réduire le nombre des personnes dans les marchés. Nous avions souhaité que devant l’étale d’un commerçant qu’il ait un seul client cela, pour éviter l’attroupement des clients devant ces étales. Nous avons proposé que l’Institut d’Hygiène Publique vienne désinfecter les marchés les samedis et dimanches afin d’éliminer les germes du virus. Pour les gestes barrières, nous avions exigé que le lavage des mains soit obligatoire pour les usagers. Il est vrai que des Mairies font des dons de matériels de lavage de mains mais cela ne suffit pas. Souvent les commerçants sont obligés de mettre la main à la poche pour les acheter. Nous demandons à l’Etat de nous accompagner dans ce sens. Nous avions rencontré des responsables des commerçants pour leurs demander de faire en sorte que les produits ne manquent pas sur les marchés et elles nous ont rassuré que cela sera fait mais surtout que les marchés seront toujours approvisionner en produits vivriers.

Si la crise arrivait à perdurer. Quelle politique allez-vous adopter pour assurer l’approvisionnement des marchés en produits vivriers ?

 Si cette crise sanitaire perdure, nous allons prendre d’autre mesure. S’il s’avère que tout le monde se retrouve confiné, nous allons demander naturellement aux populations de rester chez elle à la maison. Dans ce cas, il faut que des couloirs humanitaires soient mis en place. Au niveau d’Abidjan, il faudrait identifier des sites pour rapprocher la nourriture des populations. Je peux vous citer entre autre des écoles, des parkings et appeler la population à venir s’approvisionner afin d’éviter qu’elle parcourt de longue distance pour s’approvisionner.

Depuis le début de la crise, quelle action avez-vous mené sur le terrain ?    

Depuis le début de la crise, nous travaillons avec les commerçants. Nous avons fait un don d’une valeur de 7 millions de FCFA en produits vivriers au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique ainsi que le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Parce que ce sont ces deux Ministères qui sont en première ligne dans cette lutte contre le coronavirus ou Covid-19. Nous avons conduit des campagnes de sensibilisation dans les marchés d’Abidjan pour que les commerçants puissent respecter les consignes du Ministère de la Santé.

Propos recueillis

Moussa Camara

Last modified on dimanche, 03 mai 2020 02:14
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