Libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, le sort des victimes… / Diaby Nabila (Pdt des victimes de la crise postélectorale) : "Les victimes ont accueilli la libération de Laurent Gbagbo et Blé Goudé avec colère" Featured

25 Fév 2019
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Le président des victimes  de la crise postélectorale, Diaby Nabila, dans l’interview  accordée à justeinfos.net se prononce sur le sort des victimes de la crise postélectorale  après la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.

Monsieur le président, ou sommes-nous avec l’indemnisation des victimes de la crise postélectorale ?

Sur la question de l’indemnisation des victimes, je n’ai pas grande chose à dire. Parce que vous avez suivi tout ce qui s’est passé entre le collectif et le Ministère en charge du dossier. Nous avons voulu faire des manifestations pour la réalisation d’un certain nombre de nos objectifs (assignés au dit Ministère). C'est-à-dire la scolarisation et la resocialisation des enfants orphelins et autres enfants devenus vulnérable et en ruptures avec toutes sources de resocialisation du fait des crises ivoiriennes ; la crise postélectorale ainsi que d’autres actions à l’endroit desdits enfants. La prise en charge des veuves et aussi des femmes victimes de violences basées sur le genre, la réinsertion sociale des mutilés et des personnes paraplégique du fait de la crise. Des Ivoiriens, soucieux de la situation de ces victimes exclues du processus d’indemnisation, nous ont demandé de cesser toute activité concernant cette question et qu’ils vont agir individuellement  ou collectivement pour résoudre ce problème. Donc, au nom de cet engagement, je préfère ne pas me prononcer sur cette question. Mais, il faut retenir qu’à Yopougon, il y a toujours une vingtaine de corps, enterrés dans les chambres, cuisines et cours. Cela, aux yeux des familles des victimes. Il faut noter aussi que 53 corps inhumés à l’ouest par l’Etat de Côte d’Ivoire depuis 4 ans, attendent toujours d’être restitués à leurs familles respectives.

Le président de la République, Alassane Ouattara a promis scolariser tous les enfants de la crise postélectorale. Est-ce que cette promesse a été respectée ?

Le Président de la République a surpris tout le monde lors de l’enterrement collectif des victimes de la crise postélectorale, qu’il faisait de la situation de ces enfants qui lui tiennent à cœur, une priorité donc j’ai été très surpris de cette annonce faite par le président. Parce qu’il a dit que ces enfants ont besoin de l’assistance  particulière. Pour lui, ces enfants ont assisté à des scènes horribles. Il a soutenu dans ses propos que ces enfants ont assisté à l’assassinat, au viol de leurs parents et même d’autres ont pris part à des actes de violences ou en ont été les témoins. Selon lui, ces enfants sont l’avenir de la Côte d’Ivoire donc ils ont droit à l’assistance particulière de l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous avons ‘‘évalué’’, dénombré à peu près 4000 à 4500 enfants dans cette situation à travers la Côte d’Ivoire. Et, le chef de l’Etat a joint l’acte à la parole.  Après le lancement de cette opération par le  président dès 2011, il y a seulement 800 enregistrés,  jusqu'en 2014 au moins 600 enfants bénéficiaires ont été scolarisé. Malheureusement sept ans après le lancement de ce programme lors que d’autres personnes ont pris ce dossier en main, au lieu de 3.000 bénéficiaires nous nous retrouvons  à 400, les chiffres régressent alors qu’ils  devaient progressés logiquement. Mais, avec cette baisse, je m’interroge si les autres enfants seront-ils scolarisés ? Nous voulons une réponse à cette question.

Par voie de presse, vous avez porté des accusations à l’endroit du ministre en charge de votre dossier. Que se passe-il réellement entre vous et Madame la ministre ?

Ce sont les situations de ces victimes  que je viens d’énumérer tout à l’heure. Je ne peux pas répondre à cette question parce que des personnes sont engagées sur ce dossier. Ce que je peux te dire est que nos actions ont commencé à porter des fruits.

Comment avez-vous accueillis la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ?

Les victimes et leurs familles ont accueillis la libération de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé avec colère et ils ont manifesté contre la décision de la CPI et le monde a vu. Depuis la crise postélectorale, nous ne voyons rien de concret et brusquement on nous annonce la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Cela veut dire que nous sommes entrain de tout perdre.  Or, pourtant les victimes ont  subi des violences  et ont vécu des  atrocités. Les Ivoiriens doivent comprendre notre colère.

Des victimes vous accusent de n’avoir pas voulu présenter des vraies victimes comme témoin en charge à la Haye. Que répondez-vous à cette accusation ?

Excuse-moi, je vais être très honnête et très dur.  J’ai l’impression que certains de nos concitoyens ivoiriens ont la tête dans un tonneau. Oui, ils font exprès. C’est de la manipulation parce que je ne suis pas  le procureur de la CPI. C’est aux yeux de tous que le procès de Laurent  Gbagbo et de Charles Blé Goudé ont débuté. Et  c’est la cour qui avait lors d’une audience autorisé 762 victimes à participer au procès et c’est parmi ces victimes que le bureau du procureur choisit ces témoins et c’est la procureure qui doit prouver ces éléments à charge devant la Cour comme témoin en charge. Et c’est le bureau du greffe qui était en charge de l’organisation du dossier. Sinon moi Diaby, je ne suis pour rien dans cette affaire de Comparution de témoins. Je recommande à ceux qui tiennent ces propos d’aller demander à Sam l'africain, Brindou M'Bia, Deto Leto, Joëlle N'guessan et autres. Ces comportements de certains Ivoiriens sont semblables à ceux de l’idiot du village, dommage.

Propos recueillis par

Moussa Camara

Last modified on lundi, 25 février 2019 18:55
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